Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/09/2013

Les îles de la sonde- Flores (4) Riung

       IMG_1943.JPG



Le prochain arrêt, Maropokot,  est hors des circuits habituels. Le rallye ne s’y est jamais arrêté.
L’environnement est décevant et une petite houle nous fait rouler d’un bord sur l’autre. Qu’à cela ne tienne, nous repartirons demain. Nous avons largement le temps de faire quelques pas à terre.

Caché par les arbres et derrière la jetée, apparait le petit village de pêcheur.

     

IMG_1947.JPG


Ils sont en train de débarquer des chevaux de leur bateau.
Et de nombreux petits bateaux de pêche sont échoués sur le sable.

      IMG_1976.JPG
    

IMG_1951.JPG



Avec leur drôle d’arbre d’hélice qui traverse tout le bateau et dépasse largement à l’arrière.

Quelques pêcheurs réparent leur filet sur la plage.

       IMG_1952.JPG













Sous l’œil attentif des petits

    

IMG_1954.JPG


Sans parler des chèvres qui en prennent à leurs aises (non, le capitaine, une fois de plus, est catégorique, nous n’embarquerons pas de chèvres à bord de Pulsion)

      IMG_1956.JPG















Le village semble plutôt pauvre

     

IMG_1990.JPG


      IMG_1959.JPG














Mais là où nous sommes vraiment surpris, c’est par le formidable accueil de la population.

      

IMG_1960.JPG


Sous des hurlements d’enthousiasme, ils veulent tous être pris en photo et nous parler, nous poser des questions.

       IMG_1963.JPG
      

IMG_1964.JPG



Notre javanais n’est pas encore tout à fait au point, mais nous y arrivons tant bien que mal!

     IMG_1966.JPG
 



Heureusement nous savons maintenant à peu prés compter et prononcer quelques phrases.
 



Une horde d’enfants va ainsi nous accompagner, hurlant de rire en nous entendant répéter des sons que nous essayons de comprendre.

     

IMG_1973.JPG



Nous n’avons jamais connu une telle folie et une telle explosion de joie!

       IMG_1974.JPG













Ils nous suivent partout,

    

IMG_1979.JPG


 


jusqu’à nos annexes, qu’ils nous aideront à mettre à l’eau

       IMG_1985.JPG













Nous, nous reviendrons au village, et après les dernières photos d’adieu

    

IMG_1992.JPG


       IMG_1993.JPG



Nous regagnons nos bateaux, envisageant de rester quelques jours en leur compagnie tant ils nous ont  touchés.
Cependant les dates nous pressent et le mouillage est vraiment trop rouleur.  

Marokopot restera gravé comme un de nos meilleurs souvenirs!


Mais les marins doivent toujours reprendre la mer

       IMG_2001.JPG   
      

IMG_2070.JPG


 

abcd.jpg


Et voir d’autres horizons, en l’occurrence Riung.

     

IMG_2032.JPG


     

IMG_2012.JPG


       IMG_2015.JPG




Petit village de pêcheur typique

    

IMG_2020.JPG


       IMG_2027.JPG














Mais ici, ce n’est pas du tout le même schéma. Même si les indonésiens sont par nature joyeux et accueillants, nous sommes dans un village connu pour ses plongées, ses coraux et d‘autres curiosités. Les visiteurs ne suscitent pas vraiment leur curiosité, ils sont habitués à les voir. C’est la première fois que nous ressentons ce qui pourrait ressembler à de l’indifférence.


Nous prenons tout de suite contact avec le club de plongée.

      IMG_2028.JPG













« Ah, oui, mais……. (là nous commençons à avoir un doute)   le compresseur est en panne, si vous revenez l’année prochaine, pas de problème. »
Nous sommes bien en Indonésie….


Nous nous rabatterons donc sur le snorkeling, et nous ne serons pas déçus.

Nous laisserons donc Pulsion pour embarquer sur un bateau local
    

IMG_2033.JPG



Le capitaine (un peu inquiet quand même car ces bateaux à l'étrave effilée, n'ont ni marche arrière, ni point mort, mais la manoeuvre d'accostage de notre bateau sera impeccable. Bravo!) est très content de laisser la manœuvre à d’autres capitaines.

 

       IMG_2036.JPG
      

IMG_2051.JPG


    IMG_2054.JPG









 

IMG_2053.JPG



Ils nous emmèneront sur 4 sites de snorkelling différents.
Nous pouvons voir de beaux coraux et de nombreux petits poissons, mais il fallait connaitre les endroits précis au milieu de ces nombreuses îles, entourées de coraux, certes, mais souvent morts ou abimés.

 

DSCN1914.JPG



Poissons grillés au feu de bois, crudités, riz, un repas de roi!

  

IMG_2050.JPG


      IMG_2065.JPG












Une journée vraiment très agréable, le tout pour 10 euros par personne, repas compris! Qui dit mieux!


Retour au mouillage où ces larges bateaux prennent la mer pour pêcher de nuit.

      

IMG_2080.JPG


Il est difficile d'acheter des poissons aux pêcheurs, et nous en trouvons très peu sur les marchés, si ce n’est des poissons séchés.
Nous apprendrons que la pêche a plutôt lieu  à la saison des pluies, entre novembre et mars, saison où il n'y a plus du tout  de vent (nous qui trouvions qu’il n’y en a déjà pas beaucoup!) et où leurs bateaux, instables et bas sur l’eau,  peuvent braver plus facilement les éléments.


Le lendemain nous reprenons la route, toujours à 6 dans un grand taxi ( la même équipe, Pascale et Raymond sur « Anteros » et Dean et Janina, sur « Tropical Soul« ,australiens tous les 2,  ce qui nous oblige à parler anglais  ).


3 heures aller, 3 heures retour, à travers la montagne, nous commençons à avoir l’habitude.

      IMG_2088.JPG
    

IMG_2090.JPG


Direction un incontournable, les villages de Bena.

    

IMG_2178a.jpg



Ce sont des villages trés anciens mais encore habités par les Ngada, peuple à part en Indonésie, ils sont plus de 60 000 à vivre sur les hauts plateaux de Bajawa.

      IMG_2127.JPG
      

IMG_2147.JPG


      IMG_2121.JPG
















Les maisons ont une architecture bien spécifique de cette région, toutes en bois et en paille.

   

IMG_2163a.jpg


Les détails de la construction sont très soignés

    

IMG_2157.JPG


Ainsi que les décorations, évocatrices et symboliques

    IMG_2156.JPG
      

IMG_2142.JPG

 

 

La maison d’un personnage de renom, se distingue par ces petites sculptures  au sommet de la toiture.

          IMG_2174.JPG   
      

IMG_2137.JPG



La ficelle est fabriquée sur place

      

IMG_2164.JPG

  


Et ce n’est pas pour faire plaisir aux touristes

    

IMG_2166.JPG


C’est vraiment une nécessité pour eux.

J'entends discrètement "smoking, smoking", je lui donne quelques cigarettes. J'ai maintenant dans mon sac à dos un paquet de cigarettes, en plus des bonbons pour les enfants.

Bon, je sais, ce n'est pas politiquement correct de donner des cigarettes! Et je n'ai encore pas trouver de petits cadeaux pour les femmes qui, bien sûr, ne fument jamais.

      IMG_2132.JPG













Les femmes tissent toujours les ikats qui leur servent de sarongs

    

IMG_2190.JPG


      IMG_2107.JPG














Là aussi ce n’est pas pour les touristes, c’est un travail gigantesque qui leur est indispensable.

    

IMG_2170.JPG


Elles filent elle-même le coton , et, comme pour les tissages,  nous les avons vues travailler ainsi dans tous les villages

      IMG_2108.JPG
      

IMG_2176.JPG



Elles rassemblent aussi la paille du toit, pour la nouvelle maison en construction

      IMG_2103.JPG
      

IMG_2111.JPG


Une maison coûte trés cher et toute la population contribue à sa construction.

Et ce que vous pouvez prendre pour des auvents en tôle ondulée sont en fait entièrement fabriqués en bambou, un peu comme des tuiles tige de botte.




Mais ces villages ont une particularité qui les distinguent, ils vivent encore selon leurs traditions ancestrales et  animistes.

Quoique catholiques, les villageois font bien la différence avec la religion, comme aux Vanuatus, où l’on appelle ces cérémonies, « la coutume ».

Encore très vivaces, elles consistent en grandes cérémonies  célébrant certaines occasions  comme la fête des moissons, la cérémonie Reba qui a lieu tous les ans en décembre-janvier et qui dure 6 jours,  ou plus personnelles comme la construction d'une maison.

Ici ces pratiques sont essentiellement tournées vers le culte des ancêtres et se traduisent par le sacrifice d’un animal.

Pour les grandes cérémonies liées à la communauté, il s’agira d’un buffle. L’animal est attaché au poteau de ces sortes de parasol au toit de chaume

         IMG_2194.JPG
     

IMG_2113.JPG



Gravé de dessins symbolisant tous la circulation de la vie  ( sorte de serpent -Ourobouros, ou signe en 8 de l’infini, symboles que l‘on peut retrouver dans le monde entier)
Ici, pas de symbole d’animaux, pas de totem, ce qui est souligné c’est l’alternance de la vie et la mort, dont les ancêtres sont la pierre angulaire, l’élément fondateur.

Ce culte est axé sur la dualité masculin-féminin.


Les « parasols » représentent l’élément masculin, le Ngadhu,

et ces maisons en miniature l’élément……..féminin,

(vous avez deviné, vous êtes très forts), appellées le Bhaga.

      IMG_2115.JPG















Chaque paire est associée à une famille du village, et a parfois été construite il y a un siècle pour commémorer la mémoire d'un ancêtre depuis longtemps disparu.

Le buffle sera ensuite  consommé par tout le village au cours de grandes festivités.


Les témoignages de ces sacrifices d’animaux sont nombreux et manifestent ainsi leur profonde vénération aux ancêtres.

      IMG_2105.JPG
      

IMG_2101.JPG



Les tombes ne sont pas loin (on les distingue au sol, derrière le capitaine)

     IMG_2126.JPG













Si vous observez bien le sol, vous verrez des petites taches blanches

    

IMG_2136.JPG


Ce sont les restes de bougies consumées, marquant  l’emplacement de tombes anciennes, et là, attention à ne pas marcher sur les ancêtres.


Dans d’autres villages, les tombes sont encore beaucoup plus visibles, très proches des maisons et participant ainsi au monde des vivants.

       IMG_2188.JPG
















Ce qui peut expliquer la survivance un peu partout ( comme on a pu le voir aussi en Polynésie) des tombes érigées dans les jardins, très prés des maisons ,  encore à l’heure actuelle.

Le problème qui pourrait se poser, et vous y avez sûrement pensé, c’est en cas de revente! Que faire des ancêtres? Le nouvel acheteur ne voulant peut-être pas encombrer  son jardin d’ ancêtres inconnus !

Eh bien, la solution étant que la vente de ces maisons est interdite. C.q.f.d.


Et quand les ancêtres s’accumulent?

Eh bien, autre solution, vous transportez la pierre le symbolisant et vous la poussez un peu plus loin, ce qui donne ces amoncellements de pierres dressées.

    

IMG_2134.JPG


Cela ne rappele-t’il rien aux bretons?


 






Une des principales  ressources du village est la culture du café.

      IMG_2196.JPG














Bien sûr torréfié manuellement.



Nous serons invités à entrer dans une maison pour prendre une tasse de café.

La porte d’entrée ressemble à une entrée de lit-clos.

    

IMG_2203.JPG


Cette porte intérieure est toujours richement décorée de dessins symboliques.

    

IMG_2217.JPG

 


L’intérieur est très sombre, sans aucune fenêtre, et noirci de fumée.

      IMG_2209.JPG



Prés du feu c’est la partie de vie, là où l’on fait la cuisine, et plus haut, l'endroit où l’on dort et où sont entreposées les réserves..

     

IMG_2212.JPG



Je suis invitée à m’assoir sur un tissu plié, et une énorme blatte se met à courir sur le plancher instable fait de bambou.

Qu’à cela ne tienne, je pose prudemment mon postérieur sur le coussin en l’inspectant soigneusement.


Le café est délicieux, très sucré, il ressemble un peu au café turc.

        IMG_2210.JPG     













Accrochés au mur, sont alignés les ustensiles sacrés de la maison qui servent aux sacrifices domestiques, une machette et une sagaie.
Le sacrifice est ici plus modeste, un poulet en général, qui sera consommé par la suite.


Nous devons maintenant quitter ces villages d’un autre temps, impressionnés par leur coutumes encore très présentes, leur réserve et leur dignité.

     

IMG_2221.JPG



nous avons encore 3 heures de route à faire.


L’école est finie et nous croisons sur la route les enfants aidant aux différentes tâches domestiques.

      IMG_2237.JPG
     

IMG_2240.JPG




Une fois de plus nous nous arrêterons dans un marché de montagne.

     

IMG_2230.JPG

 


Toujours beaucoup mieux achalandé qu’en plaine, le climat plus frais étant sans doute plus propice à la  culture.

    

IMG_2228.JPG



Ce n’est pas le capitaine qui me contredira.

       IMG_2229.JPG
    

IMG_2232.JPG

 


Et pour la première fois nous trouverons là des mangues délicieuses! Chouette!


Et peut-être un poulet pour faire un sacrifice à bord du bateau (impossible de trouver de la viande déjà abattue, ni  au marché ni dans un magasin )

       IMG_2234.JPG     













Ou alors un coq ?

     

IMG_2236.JPG



Mais le capitaine, comme à son habitude, reste intraitable. Pas de sacrifice à bord du bateau, nous braverons courageusement les éléments sans la protection des mannes supérieures.



Le lendemain nous décidons, Pascale et moi de partir en randonnée escalader un petit mont derrière le village

      IMG_2249.JPG













Nous croisons comme toujours  des enfants

  

IMG_2250.JPG


Dont Jani , la fille de l’instituteur

     IMG_2251.JPG













Son père vient rapidement se joindre à notre conversation, il parle un bon anglais, et nous invite à venir chez lui boire un café.

Nous sommes bientôt agréablement installées dans de bons fauteuils, à l’ombre de la grande terrasse de sa maison et sa femme nous offre 2 délicieux cafés, accompagnés de 2 verres d’eau.

Nous resterons plus d’une heure à bavarder, curieux de nos pays respectifs, nous de l‘Indonésie, lui de la France.
Il travaillait à Bali dans une agence de voyage, jusqu’en 2002, date du terrible attentat qui a atteint 200 touristes australiens. Le tourisme chute alors brutalement à Bali et il retourne dans le pays de son père, qui lui donne sa maison à Riung et où il devient instituteur.

Son salaire est l’équivalent de 200 euros par mois, sachant qu’un paysan dans les rizières gagne à peu prés la moitié de ce salaire et a tout juste de quoi se nourrir avec cette somme.

Il nous demande le montant du salaire d’un enseignant en France, il est bien sûr très étonné, mais il l’est encore plus lorsque nous lui donnons le montant final, une fois toutes les charges et impôts prélevés. Ici, tout est payant, l’école, les soins médicaux, etc….Et bien sûr le coût de la vie est bien différent!


Mais nous reprenons la route sous le soleil déjà haut maintenant, et Jani et son frère Paris ( enfin un prénom facile à retenir pour nous!)

    

IMG_2263.JPG


Seront nos guides attentionnés pour trouver l’escarpement qui permet de grimper sur cette colline.
Nous tenant la main dans les endroits difficiles, nous rappelant que nous devons boire de l’eau, etc….., ils sont incroyablement prévenants avec nous!

       IMG_2265.JPG














Encore de belles images et de bons souvenirs de ce pays si attachant!

Les commentaires sont fermés.