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29/08/2012

Les VANUATUS

Coucou! Bienvenue à bord

 

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Après quelques jours de pluie, mais oui, cela peut arriver même en saison sèche, et nous donne la nostalgie de notre chère Bretagne.

   

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Mais comme chacun sait, après la pluie vient le beau temps

     

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Et nous commençons à préparer notre départ vers les Vanuatus. La traversée ne sera pas longue, 450 milles (3-4 jours de mer ), mais en ce moment le régime de vent est très perturbé, en fait il n’y a pas de vent, ou des vents d’ouest, ce qui ne nous arrange pas du tout.

Nous allons donc attendre à Musket Cove et Denarau où nous retrouvons nos amis suisses Chantal et Fredy.

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Le capitaine retrouve avec joie la civilisation.

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Même si la traversée est de courte durée, nous allons atterrir dans l’ île la plus au sud de l’archipel, Anatom, qui est depuis peu un port d’entrée autorisé pour les Vanuatus.

 Jusque là ces îles très au sud, Anatom et Tana, étaient d’un accés relativement difficile car cela obligeait les voiliers à remonter contre les Alizés de S-E, depuis le port d’entrée officiel de Port-Vila. (avez-vous bien tout suivi?)

 

Toutes ces informations pour vous expliquer que, ces îles n’étant habitées que par des petits villages sans ravitaillement possible, nous devons prévoir au moins 3 semaines d’approvisionnement.

 

Nous allons commencer par le plein de fuel

     

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Nous utilisons très peu le moteur, et un simple plein des 4 bidons de 20l suffit. Mais un additif est toujours nécessaire pour éviter que se développent les bactéries qui peuvent rendre le fuel « boueux » et inutilisable.

 

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Le capitaine est perplexe. Comment ajouter une dose en pinte par gallon, alors que la graduation est en mml, et le bidon, lui, contient 20l .

(à vos stylos et calculette, envoyez nous la réponse si vous l’avez….)

 

 

 

Nous continuons notre attente en mouillant à Sawini bay,  prés de Lautoka où nous allons faire nos formalités de sortie.

C’est dimanche et la plage est investie par les locaux.

    

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Dans une joyeuse ambiance festive qui va durer tard dans la nuit autour de grands feux.

    

    

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Mais le travail nous attend nous aussi le lendemain et grande tournée de ravitaillement en bus, à Lautoka.

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C’est une ville sucrière (qui manque un peu de cachet, je vous l accorde), donc très marquée par les indiens (souvenez vous du black-birding, ce semi esclavage des indiens dans les plantations de canne à sucre)

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Puis l’incontournable marché

     

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Celui-ci  est particulièrement grand et bien achalandé.

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Les prix sont très bon marché, 50c d’euro le kg de tomate, 1 euro le kg d‘aubergines….

Le capitaine recompte ses dollars, il veut tout dépenser, chouette!

    

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Retour en taxi sur la plage de Saweni, le chauffeur nous aide à transporter nos sacs dans l’annexe, aidé par d’autres fidjiens très intéressés par notre voyage, nous restons un long moment à raconter, expliquer, c’est-ce qu’on appelle ici le « Fidji time », le temps de vivre….

 

Les formalités à Lautoka, au fin fond du port de commerce

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Formalités à bord, un agent de l’immigration, très sympathique, vient quand même ouvrir nos placards.

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Aurions nous un fidjien caché dans nos bagages?

 

Et maintenant aurevoir les Fidjis

     

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3 jours et 3 nuits de mer, c’est une petite traversée tranquille même si la mer nous secoue toujours un peu.

Nous freinons encore le bateau pour arriver au matin.

     

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Et bien sûr la cérémonie à bord du hissé du pavillon des Vanuatus

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Ah, nous avons fait une belle pêche dans l’annexe, un poisson volant quelque peu suicidaire.

    

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Nous en avons trouvé même un sous la capote. Il est vrai que la première nuit, une vague un peu plus forte que les autres a balayé le pont, est passée sous la capote, se déversant dans la cabine et m’arrosant copieusement  au passage. La censure m’interdit de vous répéter les jurons proférés.

 

 

Nous voici donc arrivés aux Vanuatus, sur l’île d’Anatom, la plus au sud de l’archipel, ce qui nous permettra de remonter toutes les îles vers le Nord avec les vents de S-E au portant. (il faudra bien revenir au prés me diront les connaisseurs, c’est vrai, mais  nous continuerons ensuite vers l’Ouest, direction la Nlle Calédonie)

    

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 Anatom est à  20° de latitude Sud, et nous commencions à ressentir un peu le froid, très relatif je vous l’accorde.  Mais 22° le matin nous parait très inhabituel, et nous supportons bien la couette la nuit.

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Des jeunes viennent nous rendre visite sur leur pirogue

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On retrouve les formes très instables des pirogues polynésiennes avec balancier.

Mais le modèle est beaucoup plus rustique. Ce ne sont pas les pirogues en composite ou en carbone, profilées pour la course, celles-ci ,ils les ont construites eux-mêmes, creusées dans un tronc d’arbre, et flotteur et balanciers attachés avec des bouts de ficelle.

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Tous les jours ils vont pêcher  avec ces fragiles embarcations. Aujourd’hui le vent est trop fort et ils rentrent bredouilles.

 

 

Après la visite des douanes nous pouvons maintenant mettre le pied à terre et découvrir ce nouvel archipel.

Mais au travail, et un peu d’histoire pour commencer.

On a retrouvé des traces de civilisation (poteries, os d’animaux domestiques) datant de 3200 avt J-C.

Les premiers habitants, mélanésiens, avaient sans doute traversé la mer depuis les îles Salomon.

Elles furent découvertes pour la première fois par les espagnols en 1606, puis Bougainville en 1768, et James Cook en 1774 pendant sa deuxième expédition dans le Pacifique, qui commença à établir des cartes. Mais jusque là ces îles étaient seulement traversées par ces découvreurs.

En 1789, peu après la révolte du Bounty, le capitaine Bligh traversa les Vanuatus, mais ainsi qu’aux Fidjis, il ne s’y arrêta pas, de peur d’être mangé par les cannibales.

Ce qui fut sans doute une sage décision car le premier européen à s’être implanté, aux Vanuatus, le révérend John William, de la London Missionnary societe, en 1839, a été mangé vite fait bien fait.

Après cette expérience inhospitalière, et ne renonçant pas devant l’adversité, on décida d’envoyer des missionnaires polynésiens, sans doute moins goutés que les européens.

Puis durant tout le XIX°s, les commerçants s’implantèrent avec l’exploitatation du bois de Santal (vendu en Chine pour faire de l’encens) , les plantations de canne à sucre, les mines de Nickel, avec l’usage du blackbirding intensif qui décima la population locale.

La population local des Vanuatais passa de 1 million au XIX°s à 41000 en 1935.…..

 

 A la fin du XIX°s, Les français ayant demandé l’annexion des Vanuatus, mais les anglais aussi, (via les australiens) , cela aboutit finalement à une commission navale commune pour les protéger « contre les influences étrangères« , puis à un condominium franco-britannique (appelé Nlles Hébrides) fait exceptionnel dans l’histoire.

Avec pour conséquences étonnantes, l’établissement de 2 systèmes de police, 2 systèmes de santé, 2 systèmes éducatifs, 2 langues différentes en plus de leur langue originelle……(la hauteur de chaque pavillon national, anglais et français, était mesuré chaque matin)

L’objectif officiel était de les amener à leur indépendance, ce qui bien sûr, n’eut jamais lieu.

A partir de 1960 commence à se créer des partis pronant l’indépendance du pays, qui finalement fut proclamée le 1°juillet 1980 par l’élection du 1° ministre appartenant au « Anglophone Vanua’aku Pati », anéantissant l’espoir des français d’être fortement représentés.

 

Mais vous êtes sûrement impatient de débarquer après ce long cours d’histoire.

     

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Les pirogues attendent sur le sable.

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Nous en découvrons une un peu plus grande que les autres, gréee d’un mat et d’une voile

     

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Et  une autre en cours de construction

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Ici pas de route pour relier les autres villages, les communications se font par la mer.

 

 

Le village lui-même est assez contrasté, à côté de maisons traditionnelles

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On trouve aussi quelques maisons en « dur », bois, tole ondulee....

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Dont les deux écoles

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Qui sont fermées aujourd’hui puisque c’est dimanche.

Mais oui, c’est l’heure de la messe!

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C’est l’occasion de sortir ses plus belles robes

    

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Dans tous ces villages isolés, que ce soit aux Fidjis comme aux Vanuatus, les habitants sont exclusivement mélanésiens, on ne trouve qu’en ville, des indiens en grand nombre et d’autres ethnies.

 

Mais  regagnons le bord, ou m`attend le capitaine, decidement refrctaire a la messe.

 

Nous profitons d’une belle soirée à Anatom

     

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Avant d’attaquer les 50 milles plus au nord, vers l’île de Tana.

La particularité de Tana est son volcan, toujours en acivité.

Nous en apercevons d’ailleurs les fumerolles en approchant de l’île

     

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L’entrée de la baie de Port Résolution est un peu houleuse

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Et nous devrons mouiller une ancre sur l’arrière du bateau pour rester face à cette houle et garder ainsi un mouillage confortable.

La côte est découpée et sauvage

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Et les fumerolles bordées de souffre s’agitent sur les rives

   

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Un jeune vient à notre rencontre en pirogue,

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nous restons un moment à bavarder. Et devinez ce qui se trouve dans son petit sac en plastique? (je vous fais grâce d’une sempiternelle devinette)

Un ordinateur! Il nous demande si nous pouvons lui recharger sa batterie. …  Malheureusement nos prises françaises ne correspondent pas.

 

 

Nous mettons pied à terre,

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 enduits d’anti-moustique, les Vanuatus sont dans une zone à malaria.

    

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Un pêcheur tente d’attraper un poulpe avec un trident tendu sur son arc.

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En haut du tertre domine le « yacht club »

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En suivant le chemin qui mène au village, nous croisons des élèves qui se rendent à l’école. L`ecole n`est pas gratuite, et represente une tres grosse depense pour cette population.

     

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Ceux-là ne sont pas en âge, et la tenue n’est pas réglementaire.

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D’autres s’exercent dés leur plus jeune âge à des jeux bien risqués.

     

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Le village, Yakuveran, vit dans des conditions tres rustiques

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Et les maisons souvent sur pilotis

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Ici, pas de maisons en « dur », pas d’électricité, le soir quelques lampes à pétrole s ‘allument, et depuis 4 ans maintenant,  une association australienne a aidé à l’installation de canalisations qui amène l’eau de la montagne. Avant il fallait puiser l’eau d’un puits, pas toujours salubre.

     

      

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Les cuisines sont toujours séparées de la maison principale qui sert de chambre, ce qui écarte les odeurs de fumée et évite les risques de propagation du feu en cas d’incendie.

      

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Les cochons sont de sympathiques animaux domestiques et.......delicieux, nous en ferons l`experience un peu plus tard.

    

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Et les enfants, comme d’habitude, nous suivent partout.

    

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Nous rencontrons léa, qui coud des jupes (que des jupes et un seul modèle),

     

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 sur une Singer à main, et à qui j’achèterai cette jolie jupe bleue, il ne reste plus qu’à mettre un élastique.

500 vatais, ce qui fait 5 euros. Le capitaine n’a rien à redire sur mes dépenses vestimentaires.

 

Léa parle français couremment, et sans accent.

Léa est allée à l’école française qui se trouve dans le village voisin, Manuapen (à une heure de marche quand même, tous les jours matin et soir). Toute sa scolarité s’est ainsi faite en français.

Mais dans le village où nous sommes, l’école est anglaise, et la grande majorité des habitants parlent anglais et peu, ou presque pas du tout le français.

C’est ainsi que l’on retrouve les conséquences de cette curieuse Co-colonisation franco-britannique.

 

Mais en fait, aucune de ces 2 langues n’est leur langue maternelle, qui elle, est un dialecte particulier à chaque village (il y a plus de 20 dialectes différents sur la seule île de Tana).

Enfin, pour communiquer entre villages, ils utilisent le « bichlamar » qui est un composé de français et d’anglais.

 

Bon exercice pour l’apprentissage des langues étrangères!

 

Nous reviendrons au bateau, chargés de cadeaux, papayes, bananes, noix de coco et citrons.

 

 

Nous échangerons aussi des fruits avec des pirogues qui viennent jusqu`au bateau..

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Nous donnerons en échange du riz, ou du corn-beef, les hameçons ou matériel de pêche ne les intéressent pas. Ce ne sont pas de grands pêcheurs ici. Il est vrai qu’ils n’ont que ces fragiles pirogues pour aller en mer. Pas de moteur, pas d’essence non plus, c’est trop cher.

De plus les îles des Vanuatus ne sont pas protégées par une barrière de corail comme aux Fidjis, Tongas, Polynésie. Elles ressemblent plus à la configuration des Marquises, et dés la sortie de l’abri de l’anse, la mer est dure et agitée comme en plein large. On peut comprendre que pour ces petites pirogues, les sorties soient très limitées.

 

 

 

Le soir, avec 3 autres équipages de bateau,  nous sommes invités dans un village voisin à déguster les spécialités locales. Un habitant nous guide jusque là et nous traversons le village, à 7h du soir.

 Il fait nuit et aucune lumière n’apparait nulle part, pas de groupe électrogène ici, donc pas d’électricité. Le silence et la nuit sont impressionnants à une heure aussi précoce de la nuit….

Mais la soirée est très chaleureuse

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Nous goûtons les spécialités locales

   

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Tarot, manioc, poulet au curry, papayes au gingembre, un cochon avait été grillé, tout est soigneusement préparé et délicieux .

Servi dans de jolies assiettes en palmes tressées et décorées de fleurs.

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Le capitaine en reste sans voix

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Ce qui n’est pas le cas de nos hôtes qui nous offrent un petit aperçu de leurs chants.

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Nous n’avons jamais su si cette soirée  était un cadeau, ou s’il fallait payer. On nous dit que c’est « free », mais nous insistons quand même, et finalement nous arrivons à leur donner 2000vatus.

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui nous suivons Stanley qui nous a donné RV à 16h pour nous conduire en 4X4 jusqu’au volcan. Plusieurs équipages de bateaux sont rassemblés, américains, hollandais, autrichiens et hollandais, et toujours pas de français (mais où sont-ils donc?)

Nous sommes serrés comme des sardines à l’arrière du truck.

Une heure de piste à travers une jungle tropicale aux arbres démesurés, comme ces banians.

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Nous approchons du volcan et les parois du chemin fument.

      

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Nous voici arrivés. Quelques visiteurs sont déjà sur place

    

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Et nous sommes pris à la gorge par les odeurs de souffre,

     

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le souffle du dragon siffle et mugit avec le vent, qui heureusement vient de l’arrière.

Quelques crachats sont expulsés régulièrement

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Nous marchons sur la crête du cratère, en faisant très attention à ne pas déraper.

    

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Le spectacle est déjà impressionnant, mais ce n’est rien quand la nuit se met à tomber. Les explosions se font plus rapprochées et plus violentes.

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Les portes de l’enfer se sont entrouvertes  .

Bon, le cliché est un peu éculé, mais on comprend pourquoi ces lieux étaient vénérés et le sont encore.

Certains habitants de Port Résolution, par frayeur,  ne se sont jamais approchés du volcan.

 Nous avons vu de nombreux volcans, mais jamais encore aussi spectaculaires et aussi violents.

 

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 Personne ne parle, nous sommes envoutés

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Et les petites lumières des lampes de poche vont redescendre silencieusement en procession dans la nuit.

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Nous avons vraiment une chance extraordinaire car nous venons d’apprendre qu’après demain se déroulera la grande cérémonie de circoncision des enfants de plusieurs villages.

Cela n’a rien de religieux, c’est une coutume ancestrale qui s’apparente plus à un rite d’initiation. C’est une grande fête qui n’a lieu la plupart du temps qu’une fois par an et à une date imprécise qui dépend des parents et de la concertation des villages.

Les préparatifs occupent la population qui transporte en truck le matériel jusqu‘à Manuapen. (j’ai moi-même confectionné un « gateau-yaourt à l’ananas,  modeste contribution de la tradition familial Meyer )

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3 à 4 jeunes garçons de 7, 8 et 9 ans, de plusieurs villages,  sont concernés. La circoncision ayant eu lieu il y a 1 mois, c’est la fête en leur honneur qui se prépare maintenant.

 

Il faudra être sur place demain matin à 7h, au village de Manuapen, après une heure de marche, donc départ à 6h du matin. Le capitaine commence à grogner, mais pas question d’arriver en retard!

Nous sommes accompagnés par Salomon, qui ne sait  que faire de son pagne de cérémonie.

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Les gens affluent sur le chemin

    

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Et l’installation commence, sur cette grande place officielle, à l’écart du village, entourée d’arbres gigantesques, et où 4 chemins convergent, venant de villages voisins.

Autrefois ces places étaient réservées aux hommes qui se réunissaient là, et notamment aux différents chefs de villages qui débattaient des affaires de leurs « états », évitant ainsi si possible des guerres éventuelles.

Ces places étaient aussi , comme aujourd‘hui, un lieu de cérémonie, qui permettaient à cette occasion de rassembler les villages environnants.

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3 groupes de grandes tiges de cannes à sucre ont été plantées et balisent le centre du terrain.

 

Autour de cette place, on peut voir aussi ces curieuses maisons sur pilotis     

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Ou carrément dans les arbres

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A faire rêver beaucoup d’enfants, et les plus grands!

      

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Enfin, quelques tombes d’anciens chefs marquent ainsi leur présence, gardiens de la tradition.

    

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Les préparatifs commencent par l’amoncellement de tapis tressés, des paniers,

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De grandes quantités de kava. Aux Vanuatus, le kava est beaucoup plus fort qu`aux Figjis, car il est premache.

      

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De nourriture déjà cuite la veille dans des fours traditionnels, soigneusement enveloppée dans des feuilles et paniers tressés, qui attendent d’être transportée au centre de la place

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Là  c’est le travail des hommes

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Pour l’instant tout est calme et le capitaine est confortablement installé en compagnie d’un équipage de « nouveau calédoniens », devinez quel est leur sujet de conversation? (la devinette est vraiment trop simple, je ne vous donne même pas la réponse)

      

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Léa est assise aussi parmi nous, Léa avec qui nous nous étions liés d’amitié, et qui va être d’autant plus précieuse qu’elle va pouvoir nous donner toutes les explications, en français, concernant la cérémonie.

Par exemple, pendant tout ce temps, les hommes sont autorisés à s’assoir sur ces petits bancs de bois, alors que les femmes doivent s’installer par terre, à leurs pieds,  sur des nattes en palmes.

     

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 Si le capitaine se refuse toujours à entrer dans une église, il semble tout à fait prêt à se convertir à ces anciennes coutumes.

 

On attend maintenant les femmes qui préparent les costumes et les maquillages.

Enfin, elles arrivent, par petits groupes, venant des quatre chemins de la place.

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Les costumes sont incroyablement chatoyants

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Les plumes sont des plumes de poule, teintes avec des teintures achetées à la ville principale de Tana, Lenakel. Les mêmes teintures qui servent également pour les pagnes fait en fibres de coco.

 

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Mais le plus éblouissant sont les guirlandes de noël en guise de bandeaux sur la tête. L’effet est assuré….

     

 

 

 

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Les femmes sont aussi resplendissantes

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Que les enfants

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Tout autour de la place se déploie petit à petit une palette étincelante de couleurs

 

 

Suit encore une longue préparation. 3 tas sont installés au milieu de la place, sur chacun un foyer constitué avec des pierres de lave chauffées et la nourriture apportée par les hommes

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 Puis viennent les tapis et paniers tressés qui sont empilés sur la nourriture enveloppée

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Remarquez bien la couleur des pagnes des hommes. C’est le drapeau indépendantiste de Nlle Calédonie.

Les Vanuatus, qui ont obtenu leur indépendance en 1980, soutiennent largement ce mouvement en Nlle Calédonie.

 

Puis de larges bandes de tissus multicolores sont eux aussi empilés

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Et encore des paniers et tapis.

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Dans le même temps les femmes accrochent également de larges bandes de tissu sur les branches de canne à sucre qui servent d’arbre

        

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Sur l’une de ces branches sont accrochés aussi des morceaux de viande crue, langue et intestins (beurk…).

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Léa m’expliquera que cela prouve ainsi que la viande utilisée pour le repas est bien fraiche.

Tout ce travail demande un long temps, et les tas semblent enfin prêts et bien garnis

   

 

 

 

La cérémonie peut commencer vraiment.

Une colonne d’hommes en rang serré arrive

     

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Les femmes poussent de longs pleurs et gémissements, qui traduisent leur peine d’avoir été séparées de leurs enfants, m’expliquera Léa. En effet les enfants auront été tenus à l’écart tout ce temps, qui marque sans doute leur passage de l’enfance à l’âge d’homme, séparés de leur mère.

Les hommes  entourent de très prés les jeunes circoncis comme pour les protéger d’un danger extérieur. Il est même impossible de les distinguer.

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Ils font ainsi plusieurs fois le tour du centre de la place en processions qui se succèdent

       

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Puis un grand cercle se forme avec tous les participants, les jeunes circoncis se trouvant au centre du cercle.

Les femmes les ont rejoint

       

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C’est alors que commencent les danses accompagnées des chants. Une sorte de ronde, qui s’accélère, le cercle s’élargit progressivement libérant les jeunes au milieu, les ouvrant au monde.

Les chants sont très joyeux et entrainant, le rythme s’accélère et les danses se transforment en furieux sauts sur place,

Ces danses se succèdent avec un peu plus de déchainement à chaque fois.

 

 

Enfin une pose, les femmes regagnent leur clan respectifs autour de la place,

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Ainsi que les jeunes circoncis.  Ils sont restés à jeun depuis la veille et un repas va pouvoir enfin leur être servi.

     

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Des cadeaux vont aussi leur être offerts. J’ai pu moi aussi leur donner des ballons, jeux de société et petites voitures que j’avais emmenés à cette intention.

 

Ils remercient à chaque fois en serrant la main

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Tous les amoncellements de tapis et tissu sont retirés  rapidement.

En fait les tas sont échangés entre les 3 groupes de participants, selon des règles que nous n’avons pas bien saisies.

Une fois les tas débarrassés, cela permet d’ accéder à la nourriture tenue au chaud dans les feuilles de bananier,

 

La distribution du repas va pouvoir commencer et chacun est servi à volonté de cochon grillé, poulet, manioc, sorte de sandwichs de tarot cuit fourrés à la viande…..

     

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Pas mal du tout.

Et en dessert des bâtons de canne à sucre

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Des « anciens », à tour de rôle,  prennent la parole sur la place maintenant libérée, (en dialecte vatais, heureusement que Léa nous traduit les discours), pour rappeler :

de ne pas ôter les plumes colorées des femmes car elles doivent garder leurs costumes intacts durant toute la nuit. (en bref, ne pas embêter les filles)

     

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Un autre va prononcer un long discours également pour dire aux hommes de ne pas être « jaloux «  (?) des femmes qui vont s’amuser cette après-midi et pendant toute la nuit car, alors que eux se reposaient et dormaient, c’est elles qui ont préparé et teint les costumes en s’ébouillantant les mains,  c’est elles qui se sont occupé des enfants, se  brûlent les mains sur les pierres de lave en préparant les repas, etc…..

Un bel hommage, qui leur donne le droit, quand même, de s’amuser une fois par an sans que les maris en prennent ombrage!

 

Le terrain est maintenant nettoyé (par les femmes qui, effectivement se brûlent les doigts)

   

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 pour laisser place nette aux danses qui vont durer toute l’après-midi et toute la nuit, jusqu‘à épuisement.

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Et Kava à volonté pour les hommes. Aux Vanuatus, le kava est interdit aux femmes, il leur est même interdit de voir les hommes en train de préparer le kava.

Effectivement dans le village les enfants ont insisté à un moment pour nous faire prendre un chemin détourné et nous avons appris ensuite que c’était pour éviter que nous ne voyions cette scène de préparation du kava.

 

Même si ces coutumes séduisent particulièrement le capitaine, il ne me laissera pas m’amuser toute l’après-midi et toute la nuit et nous allons reprendre notre chemin, accompagné par des villageois qui ramènent chez eux leurs cadeaux

    

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C’était vraiment une fête magnifique, impressionnante mais aussi très joyeuse, enfin complètement inattendue, elle ne figure dans aucun guide et il y a peu de temps encore elles etaient rigoureusement interdites aux etrangers. 

Et même avec ces précieuses explications en français, nous nous apercevons qu’il est néanmoins très difficile de saisir les nuances et les codes précis de ces rencontres et échanges entre les communautés villageoises.

Merci à eux tous pour ce magnifique cadeau qu‘ils nous ont fait en nous permettant d‘y assister et en nous conviant à leur repas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Laissez moi deviner la réponse à la devinette: ils parlaient bateau!

Écrit par : Julien | 29/08/2012

Superbes rencontres inédites de navigateurs plus que confirmés dans la grande tradition des Bougainville ,Cook et j'en passe.Pour notre modeste part , nous continuons l'exploration très vingt et unième siècle de la Turquie et de la Grèce.Le blog est toujours aussi bien fait.On vous embrasse bien fort.

Écrit par : REGINALD/FRANCOISE | 02/09/2012

Bonjour, ce billet est vraiment génial. Je le met tout de suite dans mes bookmarks.

Écrit par : Devis parquet | 15/09/2014

Les commentaires sont fermés.