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14/06/2012

Les Fidjis

    

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Direction  Vanua Levu, la grande île la plus au Nord de l’archipel des Fidjis.
Le bateau va trop vite comme d’habitude. Nous avons 450 milles à parcourir et la difficulté est d’arriver exactement au petit matin au port d’arrivée, et sur 3 jours de navigation c’est assez difficile de tomber juste.
Nous préférons arriver le matin pour plusieurs raisons:
-Il est en général préférable de voir clairement la côte, nos cartes ne sont pas nécessairement justes et voilà bien longtemps que nous n’avons plus vu ni phares ni balises pour nous guider comme on peut en trouver sur nos côtes en Bretagne.
- Nous essayons d’éviter le plus possible les « overtimes », c’est-à-dire les arrivées en dehors des heures de bureau qui en général coûtent très cher.
De plus aux Fidjis, les formalités d’entrée sont très rigoureuses. Nous devons envoyer par mail un long formulaire d’identification exactement 2 jours avant notre arrivée, sous peine d’une forte amende ( 1000 dollars fidjiens ce qui fait 500 euros) , ce qui n’était spécifié dans aucun de nos guides, heureusement un bateau ami, « Micromegas » (que nous connaissons depuis Panama et que nous savions être aux Fidjis) nous ont prévenu au dernier moment.
Nous avons donc calculé que nous devions faire 6nds de moyenne, or nous sommes toujours à 8 nds, avec 3 ris dans la grand-voile, génois complètement roulé!

Le temps s’est rafraichi en mer, et le capitaine a sorti du placard pour la première fois sa fourrure polaire. Tant mieux, elle commençait à sentir un peu le moisi.
     

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Le pavillon fidjien est sorti de sa boite, raide dans ses plis.
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Ici aussi ne pas commettre d’impair. Depuis le coup d’état de   2000  le drapeau est passé de la couleur rouge, à la couleur bleue. Mais peut-être est-ce l’inverse…..
Enfin tout est bien et nous arrivons, au petit matin, avec les meilleures intentions et respectueux du règlement.
       

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Une bouée de corps-mort nous est désignée prés de nos amis suisses Chantal et Charlie qui nous attendaient sur Micromegas.

 

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Avec interdiction, comme d’habitude, de mettre le pied à terre.
Et tout se déroulera à merveille, agrémenté pour les différentes autorités montées à bord, de sodas, cocas et autres boites de biscuits  (nous les avions honoré de nos petits BN nantais fort appréciés).

La marina se résume à un ponton en bois d’accostage pour les annexes.
   

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Nous nous retrouvons le soir même attablés au restaurant avec Freddy et Chantal et une joyeuse compagnie d'anglais, canadiens et néozélandais (une révision accéléré de notre anglais s'impose)

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Le lendemain nous pouvons découvrir la petite ville de Savusavu.
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Le capitaine retrouve avec bonheur son fournisseur chinois (ici indien) de bassines et boites en plastique.
    

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Et moi le marché, qui regorge, ici, de produits frais.
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Le changement commence à se faire nettement ressentir. Ici la population est d’origine mélanésienne, à la différence de la polynésie, et même des Tongas, dont la population est essentiellement d’origine polynésienne.
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D’autre part la présence des indiens est fortement marquée, presque la moitié de la population des Fidji est d’origine indienne.
Au milieu du XIX°s, les Fidjis étaient déjà bien connues des européens,  chasseurs de baleines, marchands de bois et commerçants de tous ordres.

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C’est alors que commença une politique d’immigration intensive, appelée « blackbirding » qui encourageait l’émigration de paysans de tout le Pacifique, afin de travailler dans les grandes plantations ( de coton et de canne à sucre aux Fidjis par exemple) ou les mines du Pérou. La population de beaucoup de petites îles du Pacifique, comme les îles Salomon, les Vanuatus,les Tongas, les Cook,  ont été décimées par cette pratique qui n’était autre qu’une mise en esclavage  , sous couvert de promesses mirobolantes bien sûr jamais tenues.
Ces paysans pauvres étaient transportés pour devenir esclaves en Australie, Nouvelle-Calédonie, dans les mines du Pérou….
Les Tongas ont perdu ainsi 40% de leur population.

Et une importante main-d’œuvre venant de paysans pauvres d’Inde, fut ainsi transportée comme esclave aux Fidjis.
Cette pratique fut interdite progressivement, en 1904 vers l’Australie, et seulement en 1916 vers les Fidjis. C’est ainsi que s’établit une grande population indienne aux Fidjis  (prés de la moitié de la population).


Au milieu du XIX°s, les Fidjis étaient encore gouvernées par un roi, mais par un tour de passe passe, (Les britanniques acceptent de payer pour les Fidjiens une dette « bidon » aux américains!) la grande Bretagne annexe le pays en 1874,  développant ainsi le blackbirding au profit de leurs grandes plantations de coton et de canne à sucre.



Ce qui nous ramène à une population ici très différente de celle que nous avions connue jusque là. Pratiquement pas de chinois, mais une importante population indienne, et des mélanédiens à la place des polynésiens.





Savusavu est une toute petite ville,  Le capitaine a accepté ma requête  de partir en expédition à Labasa, la capitale de l’île où nous sommes, Vanua Levu.
3 heures de car aller, 3 heures de car retour, précisons qu’il s’agit de « car-poulet ». C’est-à-dire très rustiques,
           

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effectivement il y avait des poulets, soigneusement rangés dans un carton mais qui piaillaient à qui mieux mieux.
Des cars plutôt bondés.
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Et bien sûr il s’arrête à tous les arrêts,
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ou à la demande.
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Le capitaine bougonne un peu, appréciant modérément l’inconfort du transport. Quand je lui fais remarquer que mes exigences sont assez réduites, Il me répond que, par moment, il le regrette et souhaiterait m’entendre proposer des projets beaucoup plus luxueux. J’en prend bonne note ! (devant témoin)


Ce petit parcours nous permet d’admirer l’intérieur du pays,
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Des rencontres surprises
    

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Et nous voilà arrivés
    

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Le capitaine est vraiment très heureux de soulager son postérieur délicat.
La gare routière est bondée.
   

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Et elle est tout prés du marché.
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Il est encore plus achalandé que celui de Savusavu
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Des fruits, des légumes  à profusion
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Des coquillages ressemblant à des palourdes
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Les enfants adorent se faire photographier
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La population est encore plus chaleureuse, si cela est possible, qu’en Polynésie.
    

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 Peut-être moins habituée au tourisme,


(Petite devinette:  nous  avons quand même rencontré un touriste, américain,  cherchez bien sur la photo ci-dessous)
     

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Les Fidjiens sont curieux, nous abordent très gentiment pour bavarder, ils me remercient dans des grands éclats de rire quand je les photographie
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Nous cèdent la place dans la rue en s’excusant 10 fois comme s’ils avaient pu nous importuner!



Nous poursuivons notre marché, et nous ne pouvons échapper aux innombrables étals de racines de « Kavas »
En branche
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En copeaux
      

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En poudre entassée dans des sacs
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Une petite explication s’impose sur ces racines de Kava.


Boire une décoction de Kava est une très ancienne tradition de la culture mélanésienne. Elle est offerte en signe de bienvenue, ou pour sceller des alliances ou au cours de conférences entre chefs, etc…..
En fait c’est une drogue, qui vous procure une grande sensation de bien-être.
De plus il est antibactérien, relaxant, combat la dépression et l’anxiété. Bref, la panacée….avis aux amateurs de sensations planantes.
Le kava est une plante importante dont nous devons tenir compte dans notre plan de croisière aux Fidjis car elle fait parti impérativement du « cadeau » que nous devrons faire au chef de village ( 500g de kava, cadeau précisément tarifé)  à chacune de nos escales prés d’un village, en signe de bienvenue  amicale (et de soumission).
Si le chef l’accepte (on a encore jamais vu qu’il la refuse) nous pouvons parcourir son territoire sous sa protection, et il est responsable de nous s’il nous arrivait quelque chose.
C’est ce que l’on appelle ici « la coutume » et impossible d’y déroger.

Nous devrons lui présenter également notre « cruising permit » qui nous a été délivré par les douanes. Bref, l’affaire est sérieuse…..
Comme nous comptons rester presque 2 mois aux Fidjis, nous allons devoir embarquer prés de 8 kg de racines de kava dans nos soutes, avec un permis de transport de drogue tout à fait légal!

En attendant nous comparons les produits et parcourons les étals.




Un petit tour en ville où nous sommes transportés en Inde. Les alentours de Labasa sont couverts de champs de canne à sucre et on peut penser qu’à la suite du « blackbirding », une  importante communauté indienne s’est installée dans cette ville.
     

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De magnifiques saris sont bien tentant
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mais le capitaine interdit catégoriquement le port du sari à bord. Je me demande pourquoi?


Il est tard, retour à Savusavu, toujours en car-poulet
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Mais la pluie se met à tomber,
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Ainsi que la nuit.
Le car n’a pas d’essuie-glace, heureusement il a des phares, un peu faibles il est vrai, mais il connait la route, peu fréquentée,  et nous arriverons sans encombre.

 

 




Aujourd'hui c'est dimanche, et vous connaissez bien maintenant mon pêcher mignon, je ne résiste pas à l'envie d'assister à la messe.

C'est un temple trés sommaire, une plaque de tôle ondulée portée par des poteaux en bambou, le sol en terre battue.

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Derrière est installée une petite salle ouverte, couverte de tapis en jonc tressé, où les mères peuvent installer leur bébé ou  jeunes enfants, allongés sur des couvertures. Elles peuvent ainsi assister tranquillement à la cérémonie.

C'est la femme du pasteur qui m'accueillera avec une chaleur et une attention qui me touchent.

 

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L'ambiance est survoltée, le public participe à grands cris, se levant pour manifester leur approbation.

Je suis, une fois encore la seule blanche présente dans la salle ( le capitaine n'est toujours pas converti),  et le prédicateur me remerciera publiquement pour ma présence parmi eux.  En fait c'est ce que j'ai compris en voyant l'assemblée se retourner vers moi avec des grands sourires et des applaudissements enthousiastes, ne comprenant pas un traitre mot du mélange de fidjien et anglais parlé par le prédicateur.


En repartant la femme du pasteur me raccompagnera et m'invitera à revenir chercher des fruits dans l'aprés-midi.

 

 





Il faut maintenant penser à quitter Savusavu, nous devrons faire une formalité de sortie de l’île de Vanualevu (Et nous devrons renouveler cette opération chaque fois que nous changerons d’île)  avant de rejoindre Vanua Balavu dans l’archipel des Lau, tout à fait à l’est, même s’il fait aussi parti des Fidjis.

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Cet archipel nous intéresse particulièrement car il est assez isolé, à 100 milles environ , mais surtout parcequ’il est ouvert depuis 1 an seulement aux visites extérieures.


Nous faisons donc notre plein de vivres frais, nous comptons rester à peu prés 3 semaines sans pouvoir faire d’autre ravitaillement, et bien sûr nous nous procurons au marché notre réserve de racines de Kava.
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Il n’y a plus qu’à attendre une météo favorable, c’est-à-dire des vents d’ouest ou de nord.

Commentaires

Chapeau pour l'aventure et le reportage sur les Fidjis ,quant à nous,nous sommes bloqués par le Meltem à Kalimnos et les seules racines que nous transportons sont celles du Coca-cola en bouteiles.Encore bravo pour vos performances nautiques.Bisous

Écrit par : REGINALD/FRANCOISE | 17/06/2012

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