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16/06/2011

Les Marquises (4) Nuku Hiva

       

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    Nous sommes toujours à Nuku Hiva    

     

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La baie principale de Taiohae où nous sommes ancrés.

   

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Le tour de l’île en voiture nous donne un autre point de vue sur Nuku Hiva  , nos deux capitaines se trouvent cette fois au dessus de l’horizon.

    

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Nous ne pouvons pas nous tromper, une seule route ou piste rejoint quelques villages au nord et à l’ouest.

Village est un bien grand mot pour les 2 ou 3 maisons rassemblées.

     

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Ces villages sont tous installés au creux d’une vallée où coule un torrent qui les fournit en eau douce, et qui vient s’échouer dans une baie profonde.

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Le cheval est encore souvent utilisé

    

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Et nous en verrons un peu partout au bord de la route

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Des petites églises

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Et n’oublions pas, très important, l’équipe de foot

     

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L’intérieur de l’île est aussi somptueux que la côte

       

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Riche en vestiges d’une population passée beaucoup plus dense, comme le site de Kamuihei

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Subsistent les mahes, ces surfaces en blocs de pierre de lave qui servaient de socle aux maisons. Certaines ont été reconstituées.

       

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Le capitaine lie connaissance avec le propriétaire des lieux, qui peut-être, aurait connu Picasso dans une autre vie.

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Et ses voisins

     

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Un arbre sacré, le Banian, veille souvent à l’entrée de ces sites.

Celui-ci est monumental

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Je me sens toute petite à côté de son curieux tronc fait de lianes-racines

     

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Un autre site, Hikokua,

      

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 dans un cadre impressionnant

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Enfin la baie de Hatiteu

     

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Le soir tombe et nous offre des spectacles grandioses avec ces pics acérés caractéristiques des Marquises.

       

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Ah, nous sommes bien sur la route de l’aéroport

      

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Même si l’environnement ne le laisse pas supposer.

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Le vaste plateau intérieur, en altitude (1200m)

         

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Nous transporte dans des paysages alpestres assez déroutants, avec ses pins noirs

      

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La nuit est tombée maintenant, et le samedi soir est ici aussi un soir de répétition pour les fêtes de juillet qui se préparent, la Heiva polynésienne.

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Les danses pratiquées par les femmes sont plutôt des danses tahitiennes.

Aux Marquises ce sont les hommes qui dansent, des danses de guerrier, les Hakas.

       

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Par moments les rythmes se déchainent et les musiciens s’accordent une pause de temps en temps.

     

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Dimanche 5 juin :

Nous reprenons la mer,

      

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cette fois pour faire le tour de l’île en bateau.

1° étape, la baie la plus connue pour être une des plus belles et des plus sûres pour le mouillage, la baie d’Anaho.

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Le capitaine semble assez content de son choix.

     

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Mais ce paradis est réputé aussi pour ses nonos. Ce sont des sortes de moustiques, si petits qu’ils sont invisibles, la piqure est à peine sensible sur le moment, mais elle vous démange progressivement,  forme des cloques et survient alors une envie irrépressible de se gratter jusqu’au sang.

Devant une telle perspective, nous nous aspergeons de produits répulsifs.

       

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A terre, comme beaucoup de ces anses,

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pas de route d’accés pour ces quelques maisons

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 dont les besoins en électricité sont fournis par panneaux solaires et éolienne.

 

Les 800 hectares de terrain appartiennent à 3 familles qui luttent pour préserver ce lieu. Nous rencontrerons très souvent aux Marquises cette conscience d’occuper un environnement privilégié et ce souci de le préserver de toute atteinte qui risquerait de le mettre en péril.

Avec une grande gentillesse et une réelle reconnaissance pour la France qui leur en donne aussi les moyens, chacun nous explique son engagement.

Alphonse, retraité, est président de l’ association qui a pour but de protéger la vallée. Il replante des arbres qui ont été détruits par la vague du tsunami, entretient le sol et veut en faire une sorte d’arboretum avec tous les produits des Marquises. Il emploie des jeunes pour l’aider dans ce projet, et leur permet ainsi de rester vivre dans la vallée grâce à ce travail.

 

Kassim, lui, a travaillé 20 ans à Papeete. Il est revenu dans la vallée où, enfant unique, il a hérité de sa grand-mère 20 hectares en bordure d’une petite anse.

Son projet est de construire quelques bungalows avec les matériaux traditionnels, construire également une grande pirogue de voyage. C’est un navigateur, il a été un des instigateurs des grands rassemblements de pirogues anciennes et connait très bien la navigation par les étoiles qui lui a été enseignée par les anciens, avec des schémas inscrits sur le sable. C’est un savoir qu’il a lui-même enseigné à de nombreux jeunes.

Il nous explique sommairement le principe, que le capitaine suit très attentivement, mais c’est un savoir très complexe qui demande des années d’apprentissage et de pratique.

Il nous quitte pour rejoindre à la nage    sa petite pirogue (la seule de la baie)

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Nous suivons un étroit chemin

      

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 jusqu’à l’anse suivante, Hatuatua.

      

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Encore plus sauvage

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Seul un couple âgé (80 ans quand même) cultive un potager dans le creux du vallon. Ils vont vendre leur produit à Atiheu, une vallée éloignée qu’ils rejoignent à cheval en franchissant le col de la montagne !

 

Le lendemain nous emprunterons ce chemin qui traverse la montagne,  beaucoup plus ardu mais seule issue à la vallée d’Anaho.

      

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La vue sur la vallée en est la récompense.

      

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Ce chemin est finalement très fréquenté.

Nous y croiserons 2 femmes qui viennent livrer des boutures au potager.

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Un homme qui va vendre ses pastèques à Atiheu

     

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Et….le facteur, qui passe 3 fois par mois livrer le courrier.

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Ils sont 2, mais eux n’ont pas de cheval et ils peinent un peu.

      

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Nous regagnons la plage où le capitaine s’exerce encore à sabrer la noix de coco.

     

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Il est en net progrés et nous boirons à peu prés 1 litre d’eau de coco. ! Ne pas confondre avec le lait de coco qui, lui, provient de la pulpe pressée de la noix de coco.

 

 

Nous allons déjeuner chez Sandra

     

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Ce sont toujours des repas chez l’habitant et nous avons à chaque fois l’impression d’être reçus chez des amis. Elle m’a offert un long collier de graines, fait maison,  en signe de bienvenue.

        

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Le repas est succulent : poulpe à la sauce tahitienne à base toujours de  lait de coco, et en boisson la citronnade habituelle dont nous nous régalons également à bord, grâce à notre stock inépuisable de citrons verts.

Son compagnon a travaillé 25 ans à Mururoa, au C.E.A., le commissariat à l’énergie atomique.  Il nous en parle longuement. Il a gardé des photos.

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A Mururoa ils attendaient que les vents viennent du Nord pour lancer les explosions, même les explosions souterraines. Il devait donc y avoir sans doute quelques fuites.

Le site est toujours gardé par les militaires bien sûr, et il reconnait la part active de Greenpeace qui a permis l’arrêt des essais, ce qu’il approuve totalement.

Une superstition dit qu’à chaque explosion il y avait un mort.

A la place de Mururoa, il a été question de choisir l'île de Eiao, au nord de Nuku Hiva , dont la baie d'Anaho aurait été la base logistique! Ouf, il s’en est fallu de peu !

 

Jeudi 9 juin :

 

10 miles plus à l’ouest, c’est la baie d’Hakahu.

Elle est plus aride, nous sommes sous le vent de l’île et les pluies sont moins abondantes.

        

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Mais le moteur nous a lâché en arrivant et voilà longtemps que nous n’avions pas vu le capitaine plonger dans son bloc moteur !

      

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Il doit changer la turbine de refroidissement, ce qui est une opération relativement simple, mais des petits bouts de plastique restent coincés dans le circuit, ce qui empêche l’eau de circuler, et provoque des pannes intermittentes et nous n’arrivons pas à enlever la totalité des bouts de caoutchouc.

Donc,  je pense que nous allons retrouver un des problèmes existentiels sur la liste évoquée il y a quelques chapitres : Le moteur ne va t’il pas nous lâcher au moment où, évidemment, nous en aurons le plus besoin. Affaire à suivre….

 

 

 

A terre pas de souci de moteur et  nous rencontrons le propriétaire des lieux

      

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3 maisons occupent cette vallée et lui vit seul sur ce vaste terrain en bordure de mer. Il y exploite le coprah et vit de chasse, à la chèvre, au cochon et…aux vaches.

        

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C’est un vrai solitaire, il va 2 fois par an à Taiohae quand il y a une grande fête comme celle du 14 juillet, et nous dit voir une fois par an un bateau s’arrêter dans cette baie.

 

Il nous invite à cueillir autant de mangues que nous le souhaitons, et nous prête cette longue perche qui sert partout à cueillir les fruits.

Très pratique, le capitaine aurait-il fait cela toute sa vie ?

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« C’est mieux que de les laisser aux cochons »

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Nous l’approuvons totalement.

Il refusera bien sûr tout paiement.

 

Il est entièrement tatoué, visage compris, mais je n’oserai pas lui demander de le prendre en photo.

C’est un « taiseux », il parle peu, généreux comme tous les Marquisiens, et cela me semblerait  une offense de le prendre en photo.

 

En retournant sur le bateau, un rameur s’arrête prés de nous, épuisé.

       

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Il participe à un raid qui doit faire le tour de l’île mais il y a beaucoup de vent, il a chaviré 3 fois. En fait il a dû s’égarer. Nous lui donnons une bouteille d’eau et des biscuits et il décide de continuer.

Nous lui souhaitons bonne chance, mais l’arrivée est encore très loin et nous sommes inquiets pour lui !

 

Lundi 13 juin :

Nous reprenons la mer, il y a toujours beaucoup de vent, un fou de Bassan nous suit pendant un long moment.

        

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 curieux, il vole en tournant la tête vers nous, tourne et retourne sans arrêt autour du bateau, si prés que je crains qu’il ne se blesse sur l’éolienne.

       

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Ce n’est pas la première fois que nous voyons ce type de comportement chez certains oiseaux de mer dans le Pacifique.

Il y a quelques jours à Anaho, nous avons vu également une grosse raie manta jouer dans l’étrave de notre annexe, c’était assez impressionnant.

Comme aux Galapagos, certains animaux ne semblent pas trop craindre l’homme.

 

Nous prévoyons une escale dans la baie magnifique de Hakatea

 avant de rejoindre à Taiohae Elyes qui attend ses 2 filles à l’aéroport de Nuku Hiva.

          

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L’entrée est étroite et la houle déferle. Et, bien sûr, lorsque nous mettons le moteur en marche pour nous engager dans la passe…

mais vous l’avez sans doute déjà deviné…..

Le moteur nous lâche….

Heureusement le capitaine avait tout prévu et nous avions gardé notre grand-voile !

 A l’arrivée, nous nous plongeons à nouveau dans le moteur et nous extirpons encore quelques malencontreux bouts de caoutchouc grâce à ma pince à épiler. Les femmes sont décidément indispensables à bord, surtout lorsqu’il s’agit de mécanique !

Puis, le capitaine grimpe au mat, toujours à la force du poignet… de son second (c-à-dire moi), pour vérifier son renfort de barre de flèche qui tient toujours avec des bouts de ficelle.

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Aujourd’hui, la journée de travail continue pour le capitaine, nous descendons à terre faire un plein d’eau avec nos bidons.

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Nous économisons ainsi un peu le dessalinisateur qui consomme malgré tout du fuel, et l’eau ici est une délicieuse eau de source qui vient directement de la montagne et que les habitants nous invitent généreusement à puiser.

De nombreux points de ravitaillement en eau sont ainsi répertoriés sur nos cartes marines. On comprend combien ces points étaient précieux pour les anciens navigateurs.

 

Nous en profitons pour faire également le plein de pamplemousses, bananes, citrons verts chez nos jeunes amis Teiki et Koua,


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« les hommes avec les hommes » annonce Teiki au capitaine qui ne se fait pas prier. Ils vont discuter pêche, moteur, etc….

 

Je vais aider Koua à cueillir les citrons verts (je n’avais jamais remarqué que les citronniers ont des épines redoutables !)

Nous parlerons de la famille et de la simplicité de la vie qu’elle a choisie. Sa mère est enseignante, son frère a une licence en droit et ne trouve pas de travail ici. Koua, elle, a suivi des études d’infirmière et a exercé pendant quelques années. Mais ce métier si proche de la souffrance des gens ne lui convient pas.

Elle rencontre Teiki et ils décident de venir s’installer sur le terrain familiale à Hakatea, dans cette vallée accessible seulement par la mer, et de reprendre la vie de ses ancêtres en cultivant des fruits (qu’ils vendent, par l’Aranui, jusqu’à Papeete) et en menant une vie simple. Elle insiste beaucoup, comme beaucoup de marquisiens que nous avons rencontrés, sur ce choix de simplicité.

« Nous n’avons pas besoin de beaucoup pour vivre » dit-elle, épanouie.

Quelle leçon nous donnent-ils là, avec toute leur gentillesse et leur générosité.

Ils nous invitent samedi prochain au grand repas qu’ils vont donner à leurs parents et à leurs amis. Nous n’y serons sans doute pas et nous le regrettons vraiment, car nous allons bientôt quitter les Marquises.

 

 

Nous garderons je pense un souvenir unique de cette longue escale aux Marquises. Les paysages bien sûr, tous plus somptueux les uns que les autres, mais surtout tous les marquisiens que nous avons pu rencontrer.

Ce métissage de 2 cultures, sachant   extraire le meilleur de chacune, nous donne une grande leçon de sagesse.

Nous laissons derrière nous avec regret comme lorsque l’on quitte des amis, ce peuple généreux, fier de ses origines, si proche d’une nature magnifique qui les nourrit et qu’ils ont pour priorité de protéger car ils en connaissent pleinement la valeur.

Merci à eux pour leur exemple…..

 

 

 

 

 

Commentaires

Lucia: Alain a l'air d'un pirate en haut du mat.
Inês: on a les nonos aussi au Brésil, à Ilha Bella (Ils s'appellent les borrachudos). Julien, est-ce que tu sais ouvrir les noix de coco toi aussi?
Julien: et les danseurs de haka, est-ce qu'ils jouent au rugby?

Écrit par : Julien, Lucia et Ines | 18/06/2011

Les mouches des sables c'est vraiment un fléau. Tout n'est peut être pas bon à préserver dans la nature :)

Écrit par : Christophe | 22/06/2011

Toujours un très grand bonheur de vous lire, photos et commentaires sont toujours au top, merci Cathy.
Ma préférence va à l'ile de Tahuata pour les couleurs magnifiques et notament la diversité des nuances de vert et pour tous ces iliens qui vivent en harmonie avec la nature.
Vos mines réjouies en disent long....
Ici avec l'été on essaie de profiter au mieux de la nature et du soleil, on fait avec ce que l'on a.
Au plaisir de vous lire
Bises,
florence

Écrit par : Florence Gingueneau | 06/07/2011

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