« 2008-04 | Page d'accueil
| 2008-06 »
28/05/2008
Amazone - Cayenne
Lundi 5 Mai :
3 jours de prés, 15 nds de vent de NE. Maillot de bain et coup de soleil garanti le jour, Fourrure polaire et veste de quart la nuit. De nombreux pêcheurs sillonnent la mer en zigzaguant en tous sens et demandent une veille constante, surtout la nuit. Ils posent de longs filets que nous devons contourner quand nous les voyons, et la nuit nous les traversons sûrement sans les voir.
Certains ont un comportement vraiment étrange. Plusieurs bateaux à l’arrivée nous diront avoir eu la même expérience. En poursuivant notre route, de nuit, nous nous rapprochons d’eux en essayant de les éviter pour ne pas rentrer en collision, ce qui est une manoeuvre habituelle en navigation de jour comme de nuit. Ce qui est beaucoup moins courant c’est que le bateau en question mette sa vitesse à fond dans notre direction, même si nous changeons de cap, cherchant apparemment soit à nous intimider, soit à nous aborder. Cette mauvaise expérience nous est arrivée 2 fois et nous laisse très perplexe.
Autre incident d’un tout autre ordre, la nuit dernière en voulant éviter un de ces pêcheurs, la manœuvre a un peu bousculé le bateau. Un placard était mal fermé dans le cabinet de toilette, une bouteille de shampoing est malencontreusement tombée sur le robinet qui a ainsi coulé toute la nuit. Nous avons perdu 200 l d’eau douce patiemment recueillie et économisée !
Peu importe, aujourd’hui grand soleil, vent portant, nous hissons le spi
Mardi 6 Mai : Nous retrouvons les eaux boueuses du long chenal d’entrée de Degrad De Cannes, le port de Cayenne
, 2 pontons vermoulus perdus au milieu de la forêt. Nous devons néanmoins mouiller dans le fort courant de la rivière, les quelques places au ponton étant toutes occupées par des bateaux de voyage en acier rouillant paisiblement là depuis des mois ou des années. L’ambiance est très accueillante et chaleureuse.
Nous recevons la visite d’Eloane et de son père Thomas, ami qui habite Degrad des Cannes depuis 2 ans et qui nous donnera de précieux conseils.
Cette escale se trouve à 15 km de Cayenne et nous devons rapidement louer une voiture.
Mercredi 7 Mai : Visite rapide de Cayenne qui nous surprend agréablement.. C’est une ville de petite dimension, 50.000 habitants, particulièrement accueillants, nous avons tout de suite été pris en stop par un ingénieur de Kourou qui nous a fait visité Cayenne et ses environs.
La ville garde le cachet de ses anciennes maisons en bois

Et nous nous approvisionnerons souvent à l’incontournable marché de Cayenne

D’emblée nous nous retrouvons « chez nous » : la langue, les enseignes connues, le niveau de vie avec les prix qui ont presque décuplé par rapport aux prix brésiliens, la vie est chère à Cayenne..
Samedi 10 Mai : Nous avons la chance de nous trouver en Guyane à la saison de ponte des tortues Luth, ces énormes tortues de mer qui étaient en voie d’extinction, donc maintenant très protégées. Nous allons le soir dans un restaurant au bord de la plage, et à la fin du repas, des enfants viennent nous avertir que 3 tortues sont arrivées sur le sable.
Elles sont impressionnantes, 1m50 à 2m de long,, presqu’autant de large ( elles peuvent peser jusqu’à 700 kg) et se hissent difficilement jusqu’au sable sec. Sauf pour l’une d’entre elle qui a creusé son trou dans le sable mouillé, elle n’était pas au courant, ses œufs seront perdus.
Après avoir creusé un grand trou avec leurs patte-nageoire arrière, qu’elle vont l’arrondir avec beaucoup de délicatesse comme un nid, et nous les voyons pondre leurs œufs lentement et avec effort (un peu comme des boules de billard molles) 100 à 200 oeufs à chaque ponte ,
En 2 mois elle vont répéter 6 fois l’opération. Et sur ces 1000 bébés tortues, une seule survivra.
Nous sommes fascinés par le spectacle et la possibilité que nous avons de les approcher à les toucher , ce que nous nous gardons bien de faire bien sûr, ainsi que d’éviter de passer devant elles afin de ne pas les déranger.
Dimanche 11 Mai : Direction Cacao, à 40 km des terres, par une très belle route à moitié piste qui traverse la forêt
et qui nous amène dans ce village où se sont installés une communauté Mhong
., réfugiés politiques laotiens qui se sont vus attribuer en 1977 ces parcelles de terre de forêt dense. Après de gros efforts ils ont mis en place des petites exploitations agricoles (88) et sont maintenant les plus importants fournisseurs de fruits et légumes de Cayenne.
Dimanche matin est jour de marché à Cacao
et surtout l’occasion de manger la soupe chinoise traditionnelle
Sur le chemin du retour nous nous arrêtons chez un original
passionné de serpents, qui nous livrera ses secrets pour les approcher
Lundi 12 Mai : C’est la deuxième ballade en forêt que nous ferons là encore sous la pluie. Les arbres sont gigantesques et nous pataugeons dans la boue.
Mardi 13 Mai : rendez-vous avait été pris depuis une semaine pour visiter le centre spatial de Kourou.
Les places sont limitées et les pièces d’identité nécessaires pour entrer. Là, surprise, le me vois refuser l’entrée, ma carte d’identité étant périmée depuis 3 jours et la photocopie de mon passeport n’est pas non plus accepté. Déçue, je me vois refoulée comme une dangereuse terroriste, Alain me racontera.
En fait il est assez déçu. La salle Jupiter, salle des contrôle, n’est qu’une grande salle vide remplie d’écrans d’ordinateurs
et la visite en car lui fait parcourir de l’extérieur des hangars désaffectés attribués à Ariane 4.
Jeudi 18 Mai : Nous quittons Cayenne pour Tobago à Trinidad, en faisant escale aux
tristement célèbres îles du salut. .

Des 3 îles la plus connue est l’île royale avec ses bâtiments bien conservés
comme ce couvent qui servait d’infirmerie, ou ces cachots

.
Mais la plus impressionnante est l’île St Joseph où nous parcourons les ruines de ces immenses bâtiments envahis par la végétation où se trouvaient les cachots de réclusion.
Ces cachots que l’on voit dans le film « Papillon », dont le plafond à ciel ouvert est fermé par des barreaux, ce qui permet aux gardiens de surveiller à toute heure les prisonniers.
Le contraste est saisissant entre la beauté de ces îles
et le lourd passé que rien ne vient effacer
Samedi 20 Mai : en route pour Tobago, vers le nord, les tropiques et ses eaux claires.
Lundi 22 Mai : 13h. Bonjour les Antilles, nous voici arrivés à Tobago accueillis par les frégates et les fous de bassan.
Nous aurons mis 3 jours de navigation au portant, pour parcourir les 650 miles qui nous separaient des Antilles, en retrouvant les alizes et une belle eau bleue .
Le port de Scarborough n’est pas extraordinaire, mais c’est un passage obligatoire pour faire les formalités douanières d’entrée sur le territoirinidad.
10:57 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22/05/2008
Afua
Notre mouillage, heureusement, est bien à l’écart du bruit et surtout du très fort courant qui entraîne îles flottantes et troncs d’arbre.
Afua est une petite ville tout à fait étonnante. Relativement importante, 10.000 habitants, elle est construite entièrement sur pilotis, les rues, comme les places,
sont des pontons en bois comme il est fréquent en Amazonie surtout dans des hameaux de moindre importance. Mais ici il n’y a aucune route qui permette de sortir de la ville, seul lieu habité de l’île.
Il n’y a aucune voiture, mais les ruelles en bois sont encombrées d’une multitude de vélos, de promeneurs, d’enfants,
Une des curiosités très surprenantes, ces voiturettes entièrement à pédales, munie d’une sono incroyable qui hurle des musiques disco à qui mieux mieux.
Elles font concurrence aux haut-parleurs qui garnissent toute la ville et qui diffuse en permanence un fond sonore musical. Cela donne une ambiance de fête ou de vacances permanentes.
Une plage a été aménagée pour que les enfants ne soient pas emportés par le courant
Les rios sont présents partout 
Bien sûr Afua est appelé la Venise du Para
Ces vénitiennes ont des figures pittoresques parfois, la vieille femme avait retiré sa longue pipe pour la photo
Les enfants, toujours aussi nombreux et rieurs
nous accompagnent, nous serrent dans leurs bras, curieux et trés bavards même si nous ne comprenons rien .
Rivalisent de prouesses en nous voyant passer
Jusqu’au fin fond de la ville, les passerelles sur pilotis sont les seuls passages possibles au-dessus des marécages
Le niveau de vie reste très pauvre
et les conditions sanitaires de ces constructions qui baignent dans l’eau en permanence laissent à désirer.
Le cimetière laisse voir une multitude de petites tombes d’enfants et on n’ose se poser la question sur la présence des vautours.
Les mères sont souvent très jeunes
Tous font preuve d’une incroyable gentillesse. Une petite fille et son grand-père nous ont accueilli
chez eux pendant une grosse averse
On trouve encore certains trophés que l’on croyait disparus
Les couleurs jaune et bleues peintes un peu partout sur les rambardes, poubelles, etc…, tout aménagement public, sont les couleurs du parti élu. Au prochain changement électoral, tout sera repeint dans la couleur du parti adverse s’il est élu, ce qui assure un certain entretien .
Le travail ne manque pas sur les chantiers navals,
Et le commerce de viande est toujours florissant comme partout au Brésil.
Même si la viande est trés bonne, les menus des restaurants sont toujours les mêmes : crevettes, viande trop cuite et trop salée, quelquefois du poisson, également trop cuit et trop salé, le tout invariablement accompagné de nouilles froides et de riz agrémenté de la spécialité nationale, des haricots en sauce, également froids, pas de dessert. Inutile de réclamer la carte des menus, elle est partout la mêmeTous les soirs la fête bat son plein avec un orchestre surchauffé, des spectacles de Capoiera,
des chanteuses déchaînées, les indiens sont bien loin au fin fond de leur forêt.
Samedi 3 Mai : 6h du matin, nous quittons Afua sous une pluie battante. Nous sommes au 00° 8 S, le climat équatorial humide n’est pas une légende et le delta de l’Amazone nous le prouve largement.
Les adieux au Skalibur, notre bateau pilote, sont très émouvants.
Les eaux à la sortie du delta sont tellement chargées d’alluvions que le bateau semble traverser un bain de boue.
La pluie ne nous quittera pas de toute la journée. Une journée bien morose, sauvée heureusement par un magnifique coucher de soleil. Nous partons pour 500 miles, prochaine étape, La France, Cayenne.
17:13 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15/05/2008
Santarem - Afua
Lundi 21 Avril :
Santarem avec sa longue promenade qui longe le fleuve où accostent une multitude de bateaux attestant de l’intense activité commerciale de la ville.
Son marché flottant proposant toujours ses incontournables régimes de bananes (base de nos salades de fruits géantes)
Sans oublier le marchand de poissons
Les joueurs de cartes, en attendant le client
Les vendeurs de hamacs comme partout en Amazonie
Et ses super lavomatiques
Mardi 22 Avril : Après avoir atteint le point le plus haut de la remontée de l’Amazone à Alter Do Chao, nous entamons notre descente en bénéficiant au maximum du courant du fleuve.
Si nos étapes pour la remontée nous faisaient parcourir en moyenne 40-50 miles par jour en 10 heures et quelquefois 12 heures, nous allons faire maintenant des journées de 90 miles en avançant sur le fond à 10-12 nds.
Nous redescendrons l’Amazone jusqu’à Afua en 6 jours ce que nous avons mis un mois et demi à remonter. (en comptant les longues escales il est vrai)
Dimanche 27 Avril :
Aprés de grandes étapes quotidiennes, de superbes mouillages forains nous accueillent le soir.
Une autre culture,
plus aucune nouvelles des évènements du monde depuis plusieurs mois,
les rives défilent rapidement en nous faisant croire que nous sommes sortis hors du temps.
AFUA est le terme de notre périple en Amazonie, et la fin du rallye. D’un accès assez difficile à travers des petits rios encombrés de bancs de sable, la ville, seul habitat d’une petite île, nous accueille dans un vacarme assourdissant de musique et de pétards.
17:16 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09/05/2008
Alter Do Chao
Samedi 12 avril : 6h du matin, départ de Montealegre
Tania à la vigie
les rives boisées se succèdent
et paraissent de plus en plus inondées
Nous arrivons le dimanche soir à Alter Do Chao pour découvrir une surprenante station balnéaire aux grandes plages de sable blanc découvertes à la saison sèche, en été, mais qui se trouvent complètement inondées jusqu’aux paillotes-bars à la morte saison, c'est-à-dire en ce moment, à la saison des pluies. Un superbe lagon encerclé par la forêt nous permet de mouiller en toute tranquillité.
C’est aussi un point de départ pour de nombreuses excursions en forêt, le site étant protégé par la réserve du Tapajos. C’est une grande étendue de la forêt amazonienne où l’exploitation du bois est strictement contrôlé, où de nombreuses communautés sont aidées financièrement surtout par des ONG dans la culture traditionnelle du manioc et la récolte du latex.
C’est aussi un des lieux où se trouve encore quelques tribus indiennes particulièrement protégées, et c’est le principal but de notre expédition de 3 jours. La rencontre de ces indiens nécessite une autorisation spéciale du gouvernement qui a été faite lors de notre passage à Belem. Il y a très peu de visites autorisées et cette tribu, les Mundurukus, ont eux-même sollicité notre visite.
Ce sont un peu des « irreductibles » qui conservent fermement leurs traditions . Ils réclament depuis longtemps le droit de propriété officiel et écrit de leur territoire. En effet les indiens sont considérés par le gouvernement un peu comme des enfants sous tutelle, et même s’il leur est attribué des territoires protégés, ils n’en ont pas la pleine propriété. La contribution que nous versons lors de notre visite va permettre à 2 membres de la tribu d’aller en avion à Brasilia pour faire avancer le dossier.
Il se trouve que la plupart des territoires indiens possèdent les différentes sources des affluents de l’Amazone. Et les indiens disent que les blancs ont peut-être volé leur or, mais ils ont gardé l’essentiel, l’eau. Encore faut-il qu’ils en ait la propriété entière et officiel comme n’importe quel propriétaire. C’est l’enjeu de cette tribu qui a besoin de fonds et qui accepte de s’ouvrir, très modérément puisqu’ils acceptent une visite par mois, pour financer leur projet.
Jeudi 17 Avril : Nous prenons un bateau local où nous allons passer les 3 jours en dormant la nuit dans nos hamacs. Ce premier jour nous emmène sur un site sacré très ancien en haut d’une colline .
Les distances sont toujours gigantesques
Nous croisons de surprenants nénuphars géants
Nous découvrons les joies du hamac dans lesquels nous dormons très bien malgré nos appréhensions et les quelques ronfleurs impénitents
. Nous sommes 16 à bord et la place est un peu comptée.
Vendredi 18 Avril :
Un village de cablocos (métis indiens) nous montre le traitement du manioc qu’ils cultivent et qu’ils vendent en grande partie . Ils le sèchent au feu de bois
et le pressent pour en extraire le jus qui est un poison violent avec un matériel plus performant
que la presse traditionnelle tressée en palme
Le manioc est très utilisé sous toutes ses formes, mais il faut reconnaître que les galettes sans levain ont un goût assez fade.
Pendant ce temps les femmes préparent du poisson, autre élément essentiel de leur alimentation.
Ils cultivent toujours des plantes aromatiques et médicinales dans ces bacs , ici soigneusement préparés.
En voulant cueillir des fruits, une villageoise a découvert un serpent endormi, lové au sommet de la grappe.
Il a bien sûr immédiatement été tué, la proximité du village le rendait beaucoup trop dangereux.
Un canoë va nous ramener dans une longue promenade au fil du courant.
Nous avons chacun un canoë et un rameur et ce sera 1h30 enchanteur de silence et de bruissements de la forêt.
Une sieste bienvenue
avant d’aborder notre grande soirée de rencontre avec les indiens.
En effet ils ne veulent être rencontrés que de nuit.
Nous sommes prêts et les attendons
Dans le silence et dans la nuit arrivent des pirogues allumées d’un fanal.
. Le moment est très impressionnant. Ils sont en costume traditionnel car l’invitation se fait toujours au cours d’une cérémonie liée à la pleine lune.
Ils nous emmènent en glissant très silencieusement sur l’eau. Par moments on les entend communiquer entre eux par des sifflements légers.Le chemin est assez long sur le petit rio qui traverse la forêt, les lucioles dansent sur la rive, nous sommes pris par une magie extraordinaire.
Ils nous accueillent sur la berge, toujours dans un incroyable silence, rompu uniquement par les bruits de la forêt.
C’est un moment particulièrement émouvant.
Arrivés dans le village, la cérémonie se met en place. Nous sommes assis en cercle autour d’un feu et le chef s’arrête devant chacun de nous pour nous purifier.












































































































