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22/05/2008
Afua
Notre mouillage, heureusement, est bien à l’écart du bruit et surtout du très fort courant qui entraîne îles flottantes et troncs d’arbre.
Afua est une petite ville tout à fait étonnante. Relativement importante, 10.000 habitants, elle est construite entièrement sur pilotis, les rues, comme les places,
sont des pontons en bois comme il est fréquent en Amazonie surtout dans des hameaux de moindre importance. Mais ici il n’y a aucune route qui permette de sortir de la ville, seul lieu habité de l’île.
Il n’y a aucune voiture, mais les ruelles en bois sont encombrées d’une multitude de vélos, de promeneurs, d’enfants,
Une des curiosités très surprenantes, ces voiturettes entièrement à pédales, munie d’une sono incroyable qui hurle des musiques disco à qui mieux mieux.
Elles font concurrence aux haut-parleurs qui garnissent toute la ville et qui diffuse en permanence un fond sonore musical. Cela donne une ambiance de fête ou de vacances permanentes.
Une plage a été aménagée pour que les enfants ne soient pas emportés par le courant
Les rios sont présents partout 
Bien sûr Afua est appelé la Venise du Para
Ces vénitiennes ont des figures pittoresques parfois, la vieille femme avait retiré sa longue pipe pour la photo
Les enfants, toujours aussi nombreux et rieurs
nous accompagnent, nous serrent dans leurs bras, curieux et trés bavards même si nous ne comprenons rien .
Rivalisent de prouesses en nous voyant passer
Jusqu’au fin fond de la ville, les passerelles sur pilotis sont les seuls passages possibles au-dessus des marécages
Le niveau de vie reste très pauvre
et les conditions sanitaires de ces constructions qui baignent dans l’eau en permanence laissent à désirer.
Le cimetière laisse voir une multitude de petites tombes d’enfants et on n’ose se poser la question sur la présence des vautours.
Les mères sont souvent très jeunes
Tous font preuve d’une incroyable gentillesse. Une petite fille et son grand-père nous ont accueilli
chez eux pendant une grosse averse
On trouve encore certains trophés que l’on croyait disparus
Les couleurs jaune et bleues peintes un peu partout sur les rambardes, poubelles, etc…, tout aménagement public, sont les couleurs du parti élu. Au prochain changement électoral, tout sera repeint dans la couleur du parti adverse s’il est élu, ce qui assure un certain entretien .
Le travail ne manque pas sur les chantiers navals,
Et le commerce de viande est toujours florissant comme partout au Brésil.
Même si la viande est trés bonne, les menus des restaurants sont toujours les mêmes : crevettes, viande trop cuite et trop salée, quelquefois du poisson, également trop cuit et trop salé, le tout invariablement accompagné de nouilles froides et de riz agrémenté de la spécialité nationale, des haricots en sauce, également froids, pas de dessert. Inutile de réclamer la carte des menus, elle est partout la mêmeTous les soirs la fête bat son plein avec un orchestre surchauffé, des spectacles de Capoiera,
des chanteuses déchaînées, les indiens sont bien loin au fin fond de leur forêt.
Samedi 3 Mai : 6h du matin, nous quittons Afua sous une pluie battante. Nous sommes au 00° 8 S, le climat équatorial humide n’est pas une légende et le delta de l’Amazone nous le prouve largement.
Les adieux au Skalibur, notre bateau pilote, sont très émouvants.
Les eaux à la sortie du delta sont tellement chargées d’alluvions que le bateau semble traverser un bain de boue.
La pluie ne nous quittera pas de toute la journée. Une journée bien morose, sauvée heureusement par un magnifique coucher de soleil. Nous partons pour 500 miles, prochaine étape, La France, Cayenne.
17:13 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






































Commentaires
Bonjour,
Au fil du temps je trouve de plus en plus de profondeur dans ce que vous nous montrez et expliquez.
Une ville de 10.000 habitants sur pilotis, sans voiture parait après tout naturel et plein de bon sens. Mais voilà ici, nous nous en éloignons chaque jour un peu plus.
Vous vivez un rêve éveillé, je trouve cela très beau.
De mon côté, je ne suis pas resté les deux pieds dans le même sabot :)
J'ai fait une régate le 24 et 25 mai dernier à Conleau (Vannes) que vous devez connaitre.
Depuis je temps que je voulais navguer en mer, je n'ai pas été déçu.
Le samedi, vent et pluie, le dimanche vent et soleil. Moi aussi, j'ai fait un rêve éveillé.
En attendant qu'Odile et Jean-Luc m'emmène faire un tour en mer cet été ;) (Odile si tu lis ceci...).
A bientôt le Meyer et merci pour ces imges du bout du monde.
Ecrit par : thmoureaud | 25/05/2008
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