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09/05/2008
Alter Do Chao
Samedi 12 avril : 6h du matin, départ de Montealegre
Tania à la vigie
les rives boisées se succèdent
et paraissent de plus en plus inondées
Nous arrivons le dimanche soir à Alter Do Chao pour découvrir une surprenante station balnéaire aux grandes plages de sable blanc découvertes à la saison sèche, en été, mais qui se trouvent complètement inondées jusqu’aux paillotes-bars à la morte saison, c'est-à-dire en ce moment, à la saison des pluies. Un superbe lagon encerclé par la forêt nous permet de mouiller en toute tranquillité.
C’est aussi un point de départ pour de nombreuses excursions en forêt, le site étant protégé par la réserve du Tapajos. C’est une grande étendue de la forêt amazonienne où l’exploitation du bois est strictement contrôlé, où de nombreuses communautés sont aidées financièrement surtout par des ONG dans la culture traditionnelle du manioc et la récolte du latex.
C’est aussi un des lieux où se trouve encore quelques tribus indiennes particulièrement protégées, et c’est le principal but de notre expédition de 3 jours. La rencontre de ces indiens nécessite une autorisation spéciale du gouvernement qui a été faite lors de notre passage à Belem. Il y a très peu de visites autorisées et cette tribu, les Mundurukus, ont eux-même sollicité notre visite.
Ce sont un peu des « irreductibles » qui conservent fermement leurs traditions . Ils réclament depuis longtemps le droit de propriété officiel et écrit de leur territoire. En effet les indiens sont considérés par le gouvernement un peu comme des enfants sous tutelle, et même s’il leur est attribué des territoires protégés, ils n’en ont pas la pleine propriété. La contribution que nous versons lors de notre visite va permettre à 2 membres de la tribu d’aller en avion à Brasilia pour faire avancer le dossier.
Il se trouve que la plupart des territoires indiens possèdent les différentes sources des affluents de l’Amazone. Et les indiens disent que les blancs ont peut-être volé leur or, mais ils ont gardé l’essentiel, l’eau. Encore faut-il qu’ils en ait la propriété entière et officiel comme n’importe quel propriétaire. C’est l’enjeu de cette tribu qui a besoin de fonds et qui accepte de s’ouvrir, très modérément puisqu’ils acceptent une visite par mois, pour financer leur projet.
Jeudi 17 Avril : Nous prenons un bateau local où nous allons passer les 3 jours en dormant la nuit dans nos hamacs. Ce premier jour nous emmène sur un site sacré très ancien en haut d’une colline .
Les distances sont toujours gigantesques
Nous croisons de surprenants nénuphars géants
Nous découvrons les joies du hamac dans lesquels nous dormons très bien malgré nos appréhensions et les quelques ronfleurs impénitents
. Nous sommes 16 à bord et la place est un peu comptée.
Vendredi 18 Avril :
Un village de cablocos (métis indiens) nous montre le traitement du manioc qu’ils cultivent et qu’ils vendent en grande partie . Ils le sèchent au feu de bois
et le pressent pour en extraire le jus qui est un poison violent avec un matériel plus performant
que la presse traditionnelle tressée en palme
Le manioc est très utilisé sous toutes ses formes, mais il faut reconnaître que les galettes sans levain ont un goût assez fade.
Pendant ce temps les femmes préparent du poisson, autre élément essentiel de leur alimentation.
Ils cultivent toujours des plantes aromatiques et médicinales dans ces bacs , ici soigneusement préparés.
En voulant cueillir des fruits, une villageoise a découvert un serpent endormi, lové au sommet de la grappe.
Il a bien sûr immédiatement été tué, la proximité du village le rendait beaucoup trop dangereux.
Un canoë va nous ramener dans une longue promenade au fil du courant.
Nous avons chacun un canoë et un rameur et ce sera 1h30 enchanteur de silence et de bruissements de la forêt.
Une sieste bienvenue
avant d’aborder notre grande soirée de rencontre avec les indiens.
En effet ils ne veulent être rencontrés que de nuit.
Nous sommes prêts et les attendons
Dans le silence et dans la nuit arrivent des pirogues allumées d’un fanal.
. Le moment est très impressionnant. Ils sont en costume traditionnel car l’invitation se fait toujours au cours d’une cérémonie liée à la pleine lune.
Ils nous emmènent en glissant très silencieusement sur l’eau. Par moments on les entend communiquer entre eux par des sifflements légers.Le chemin est assez long sur le petit rio qui traverse la forêt, les lucioles dansent sur la rive, nous sommes pris par une magie extraordinaire.
Ils nous accueillent sur la berge, toujours dans un incroyable silence, rompu uniquement par les bruits de la forêt.
C’est un moment particulièrement émouvant.
Arrivés dans le village, la cérémonie se met en place. Nous sommes assis en cercle autour d’un feu et le chef s’arrête devant chacun de nous pour nous purifier.
Puis commence la cérémonie. Des danses, des chants se succèdent

Tout le village participe, les femmes, les enfants
terminée, nous pouvons les rencontrer, échanger
Un photographe professionnel nous accompagne et le chef du village lui demande une photo de groupe avec nous.
(christ 133-3067) .
Le départ est particulièrement chaleureux, ils nous embrassent, nous prennent dans leurs bras, nous éprouvons tous beaucoup d’émotion. .
Samedi 19 Avril : Debout 7h du matin. Une grande marche dans la forêt nous attend pour atteindre la forêt primaire où l’on trouve les très grands arbres d’Amazonie, qui mesurent 40m et plus .On peut répertorier plus de 250 espèces sur 1 hectare.
C’est là que l’on trouve les bois de construction de nos fenêtres et portes comme le Tawari ou le Seduranala,
Des bois extrêmement durs qui servent à construire les canoës comme le Massalumduba ou bois de pierre.
Seuls les arbres tombés ont le droit d’être exploités.
Un bois particulièrement rare maintenant le Muela Pirana ou bois de rose, qui sert à la fabrication des archers de violon, et qui sont recherchés par hélicoptère car ils sont presqu’en voie de disparition.
Enfin les arbres médicinaux, bien connus des laboratoires pharmaceutiques, comme le Copaïba ou l’Andiroba qui produit un anti-inflammatoire . C’est un arbre sacré pour les indiens. Un trou pratiqué dans le tronc va produire 1 litre par an.
De curieux arbres comme l’arbre qui marche. Ses racines, à l’air libre, vont pousser vers les zones ensoleillées et vont pouvoir « avancer » jusqu’à 1m au cours de sa vie
Les bruits de la forêt nous accompagnent
jusqu’au point culminant de notre marche, l’arbre sacré, appelé « grand-père ». C’est un Fromager âgé de 12.000 ans.
Sa circonférence est de 28 m et sa hauteur 45m.
Mais si c’est le plus vieux, ce n’est pas le plus grand, qui se trouve très proche de lui. C’est un arbre des noix du Brésil, le plus haut d’Amazonie, qui mesure 50 m de haut,
Après cette longue marche de la journée, nous revenons au bateau (354) pour admirer un magnifique coucher de soleil comme nous en offre souvent ces si beaux ciels d’Amazonie
Nous retrouvons Alter Do Chao, mais la soirée n’est pas finie. Notre guide, que nous avons appris à apprécier durant ces 3 jours, nous parle d’un rituel chamanique qui doit avoir lieu dans un site prés du village. Nous sommes 5 du groupe à être intéressés par l’expérience, dont Christophe et Tania . Alain garde la tête froide et refuse absolument de nous accompagner. Il en restera au moins un à bord , fidèle au poste.
Une grande case ronde au toit de palme, complètement ouverte sur la nature nous permet d’accrocher nos hamacs sur les poteaux. Le site est magnifique. C’est un jeune chaman, initié par son père, et aidé par son frère plus âgé et sa sœur, qui va être le maître de cérémonie.
Un grand feu brûle dans la clairière toute proche où sont installées des nattes tressées. Un des chamans danse autour du feu, la pleine lune éclaire ce décor magique.
Le but de cette cérémonie est de boire chacun un breuvage, l’Ayahuasca, qui est une drogue hallucinogène très connue des indiens et parfaitement légale, et qui permet au corps, « libéré », d’être visité des esprits, c'est-à-dire d’avoir des visions.
Nous absorbons donc ce breuvage très amer, la suite est indescriptible et très différente pour chacun d’entre nous. Ce sera une expérience inoubliable et tellement en accord avec ce que nous venons de découvrir de l’Amazonie .
Nous regagnerons tous le bateau à 5h du matin dans une cacophonie de chants de coqs, frais et dispos mais encore dans la magie de ce moment. La séance aura duré 8 heures.
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Commentaires
Le vieil arbre a 1 200 ans et pas 12 000 ans
Ecrit par : Christophe | 31/05/2008
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