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13/03/2008
Belem
En arrivant prés du mouillage, le paysage se gâte un peu Nous sommes dans les faubourgs de la ville et dés que nous sortons du sas du Novotel qui nous permet d’accoster à son quai où nous nous sentons bien protégés par les gardes armés de mitraillettes, nous nous retrouvons dans une » baixadas » sordide (presque l’équivalent des favelas de Rio) et ne pouvons nous déplacer qu’en taxi. C’est la pauvreté à la manière du Brésil.
Les courants sont impressionnants sur le mouillage(3-4 nds), d’autant plus que nous sommes en vives eaux, avec de grands coefficients de marée. Les tourbillons et les vents contraires vont amener presque tous les bateaux à chasser sur leur ancre à un moment ou à un autre.
Ce sera une belle pagaille durant cette semaine d’escale.
Sans compter tout ce que peux charrier le fleuve : troncs d’arbres, branches mais aussi des vieux canapés, des lits, des frigos…..
Nous sursautons en entendant un choc sourd sur la coque. C’est une section de tronc d’arbre d’au moins 1m50 de circonférence qui nous a heurté., heureusement sans dégât car nous sommes au mouillage.
Lundi 10 mars :
Belem et son marché aux poissons, qui touche le port.
Les vautours y remplacent nos goëlands 
et bien d’autres poissons que nous ne connaissons pas 
Le manioc sous toutes ses formes, dont les racines sont broyées et mises en sacs 
, les feuilles sont hachées comme des épinards
Enfin le marché à la viande avec son magnifique pavillon style Baltard
La ville reste très pauvre dans ces vieux quartiers
Nous croisons un nombre surprenant de cordonniers , dans un pays où tout le monde porte des « Havannas », la célèbre tong brésilienne.
Des crieurs de rue équipés de vélos-sono- à- fond
Ou des voiturettes-sono-à-fond tout est bon pour faire du bruit
Mais aussi quelques beaux bâtiments de l’époque coloniale , qui témoignent de la richesse des barons du caoutchouc comme le palacio Antonio Lemos et le théâtro da Paz
Mardi 11 mars : 5h du matin. Nous nous rendons au lever du jour
devant l’île aux perroquets. C’est une île où viennent nicher une multitude de papagayos, ces perroquets verts aux ailes bordées de rouge, très recherchés pour leur talent d’imitateur.
C’est une île complètement inondée à marée haute, ce qui les préserve de leur principal prédateur, le serpent.
Tous les matins à l’aube, des nuées de perroquets quittent l’île pour aller au boulot, c'est-à-dire se ravitailler
On les voit voler essentiellement par couple. Ils sont monogames, se choisissent à 2 ans et passent le reste de leur vie ensemble, ce qui peut aller jusqu’à 80 ans ! Qui dit mieux ?
Au retour nous croisons la pirogue-bus scolaire qui fait le ramassage dans le rio
Mercredi 12 mars : La nuit dernière, une annexe a été volée. Elle était amarrée à l’arrière d’un bateau et le bout a été sectionné. Tous les soirs, nous remontons la notre sur le portique et nous allons rajouter un câble d’ acier en sécurité.
Tous les immeubles et toutes les maisons à Belem sont protégées par de solides grilles
Jeudi 13 mars : Arrivée à bord de Christophe, qui va rester avec nous un mois , sans aucune possibilité de connexion internet, ce qui va être très difficile pour lui.
22:33 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09/03/2008
Ile de Marajo - Amazone
Mardi 4 mars : Le soleil est revenu mais le moteur de l’annexe n’a pas apprécié et refuse de démarrer. Alain se reconverti encore en mécano
, le nez dans le moteur 
Une fois changé la ficelle du démarreur (à force de tirer dessus elle a fini bien sûr par se casser), découvert où se trouvé le gicleur ( après avoir tout démonté pour s’apercevoir ensuite qu’un orifice était prévu à cet effet ), bref, après 2h de travail acharné, le moteur nous gratifie de ses crachotements rassurants et nous pouvons rejoindre la terre. 
Mercredi 5 mars :
Soure, c’est un peu le Far West.
Nous croisons régulièrement chevaux et buffles
.
Le vélo reste le moyen de transport privilégié.
,
et le bus
, à nos risques et périls : 3 boulons ont disparu d’une roue et le ch
auffeur resserre ceux qui restent.
La ville est très étendue, et beaucoup de maisons sont éparpillées dans la nature 
Prés d’une immense plage complètement déserte
, enfin presque déserte
un village de pêcheurs s’est installé, sur pilotis
, un peu ambiance du film « 37°2 le matin »
Un pêcheur à pied est en train d’extraire d’un morceau de bois pourri, de délicieux vers blancs, que nous nous gardons bien de goûter, malgré sa proposition.

Sur le chemin du retour, 2 petites filles, ardentes supportrices d’un match de foot féminin 
Et nous regagnons notre bord dans le calme du soir 
Jeudi 6 mars : Nous allons passer 2 jours dans la fazenda Sanjo.
Le seul moyen d’accés est un bateau local qui nous y emmène en 3h environ
,
y compris le retard dû à la rupture des bosses de barre, réparées sommairement par un nœud sur un bout. Pourvu que ça tienne !
Les distances sont démesurées : Soure est sur une île du delta, Marajo, qui est un peu plus grande que la Suisse. De nombreuses fazendas parsèment l’île. La surface d’une petite fazenda va jusqu’à 3000 hectares, et les plus importantes se comptent à partir de 6000 hect.
Ce sont des élevages de chevaux et surtout de buffles d’eau (qui font de délicieux steaks et laitages)
. Ces fazendas vivent le plus possible en autarcie (groupe électrogène pour l’électricité, puits pour l’eau), tout le reste est amené par bateau.
Quelques démonstrations de rodéo
, même des plus jeunes
de notre équipe de vaqueiros 
Pour nous la démonstration est beaucoup plus calme (

Le soleil est avec nous et tant mieux, mais nous ne restons pas longtemps secs, car nos ballades à chevaux et à buffles nous font traverser des rios où nous pataugeons dans l’eau boueuse, cavaliers et montures.
Les buffles d’eau nage très bien et ont la particularité de faire ce qu’ils veulent et de plonger la tête la première sans prévenir. Surprise assurée pour le cavalier. Heureusement l’eau est très chaude et nous découvrons un vrai bonheur à nous plonger dans cette demi-boue, après toutes nos résolutions de ne surtout pas nous baigner dans l’Amazone.
Nous commençons à apercevoir les premiers spécimens de la faune locale : singes, aras, des flamands roses et des ibis rouges 
Et au détour de la forêt, un reste de cimetière indien
.
Le retour se fait sans encombre,
à part le changement de la batterie du moteur qu’il a fallu aller chercher dans une autre fazenda, et le passage à saute-mouton sur des haut-fond de sable
20:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05/03/2008
Joao Pessoa-Amazone
Dimanche 24 février : Nous sortons du rio de Pessoa pour aborder notre grande remontée vers le Nord, 1000 miles jusqu’à Soure, l’entrée de l’Amazone .
Nous devrions bénéficier d’un bon vent d’E-SE de 10-15 nds. C’est plutôt un très petit temps qui nous attend.
Lundi 25 février : Nous sommes à 4° de latitude Sud et les premières grosses pluies équatoriales nous cueillent dés cette nuit. Le vent est complètement tombé.
Mardi 26 février :
Toujours peu de vent, nous sommes prés de la ZIC , zone inter-tropicale prés de l’équateur qui se caractérise par un manque de vent et de grosses pluies. A défaut de vent c’est plutôt la risée Volvo. Mais avec nos 250 litres de réserve, il est inenvisageable de faire 1000 miles au moteur, donc patience….
Mercredi 27 février : le vent revient un peu dans la nuit, un vent de Nord donc nous sommes au prés ce qui n’était pas du tout prévu à la météo.
Même si le trafic n’est pas intense, quelques cargos circulent quand même le long de la côte du Brésil et demandent une veille continue sur le pont pendant les quarts. De nuit le vent est frais et, malgré la température, je ne me sépare toujours pas de mes polaires, et m’installe confortablement dans le cockpit en regardant des films sur l’ordinateur.
Vendredi 29 février : Nous sommes à 0°13 de latitude sud et longeons maintenant la côte nord du Brésil. La journée est plombée et les grains se succèdent. La chaleur à l’intérieur du bateau est difficile à supporter car très humide et nous devons garder tous les panneaux fermés à cause des grains.
Le vent passe de 15 à 25-30 nds dans les grains, heureusement nous sommes au portant, mais la nuit s’annonce difficile.
Samedi 1° mars : .Il est 11 h. du matin, à 30 miles de l’entrée de l’Amazone. L’eau est déjà très marron, chargée des alluvions du fleuve.
Le jour est toujours gris, avec des ondées régulières.
Nous devons absolument atteindre un way point à l’entrée du rio Para avant 13 h. afin de rentrer dans le delta avec le flot de la marée montante, pour arriver à Soure, à 60 miles, avant la nuit.
Le petit vent portant de 8 nds n’est pas suffisant et nous devons accélérer l’allure avec le moteur .
Et là, le moteur commence à s’étouffer, sur le point de caler. Chaque fois que nous accélérons, le moteur est sur le point de caler. Ce n’est vraiment pas le moment ! Passé un instant de perplexité
,
nous nous regardons Alain et moi et passons en revue toutes les causes possibles : un bout dans l’hélice, une saleté dans le gasoil, de l’air dans le circuit ?
Alain plonge dans le moteur et commence son enquête, purge les injecteurs, resserre les durites… Rien n’y fait.
Enfin n’y croyant plus, il change les filtres à gas-oil, et là, miracle, le moteur repart à plein régime. OUF ! Dans un des filtres, il nous semble voir un liquide suspect, beaucoup plus clair que le gas-oil, mais le mystère reste entier.
Tout cela nous aura pris au moins 2 h., nous devrons remonter le rio Para à contre courant et l’arrivée se fera tranquillement de nuit ……. Et bien sûr en musique à terre, alors que nous sommes en pleine nature !
Dimanche 2 mars :
Le mouillage est particulièrement calme et nous voyons pour la première fois nager tout prés du bateau, un dauphin rose. C’est un dauphin que l’on ne voit qu’en Amazonie et qui est appelé ici Boto. Il est effectivement complètement rose, avec une curieuse nageoire très charnue, et il est pratiquement aveugle.
Eolivia, une jeune fille d’origine amazonienne nous a raconté cette légende à propos du Boto :
Le Boto, le soir tombé, se transforme en un beau jeune homme qui vient séduire la plus belle jeune fille du village. Mais au petit matin, le Boto regagne le fleuve, et quelques temps après, la jeune fille est enceinte d’un petit Boto, d’un petit dauphin rose.
C’est une bonne raison pour laquelle les mères indiennes, comme beaucoup de mères au monde, interdisent à leur fille de quitter la maison à la tombée de la nuit.
Une autre histoire dont la moralité est plus obscure : une jeune fille ne doit jamais enjamber un animal, au risque de tomber enceinte et donner naissance au même animal.
Nous débarquons à terre en fin de matinée et là commencent à tomber des trombes d’eau comme jamais nous n’en avons vu tomber.
Nous apprenons par la même occasion que Belem (distant de 30 miles) est la ville au taux de pluviomètrie le plus élevé du monde !
Le retour en annexe est particulièrement humide, et les tenues improvisées pour embarquer.

La confection d’un far breton au four est de circonstance.
21:41 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Samedi 8 mars :











