« 2007-11 | Page d'accueil
| 2008-01 »
31/12/2007
Salvador
Samedi 22 décembre : La marina est en plein cœur de la ville.
Il suffit d’emprunter l’ascenseur
qui nous emmène 70 m plus haut dans « le Pelourinho », la ville haute, le quartier historique classé dans le patrimoine mondial.
Cette partie de la ville est très belle, marquée par le style coloniale du XVIII° s, de somptueuses églises au style baroque très chargé, avec une profusion d’or incroyable 
Ce centre ville conserve une grande richesse peu à peu mise en valeur
Des couvents aux magnifiques fresques en azulejos
aux thèmes étonnement sensuels pour un couvent 
Même les maisons les plus modestes rivalisent de couleurs éclatantes 
Une petite pause noix de coco est indispensable
On peut voir aussi un peu partout des exhibitions de "Capoiera", mélange de danse et de combat, pratiqué autrefois par les esclaves
Le marché St Joaquim est une vraie ville dans la ville
. Une profusion de fruits exotiques :
, des empilements de mangues
, d’ananas
,
Le soir la ville nous plonge dans une fête de la musique permanente
.Presque chaque restaurant ou bar a ses propres musiciens, tout le monde se lève, danse ou plutôt « tortille du cul », selon les termes du capitaine.
Plus spectaculaires encore sont les groupes de percussions qui entraînent la foule presqu’en transe dans les ruelles du Pelourinho.
Nous assistons à une répétition, avant le carnaval, du groupe de percussions le plus célèbre de Salvador, Alodum , avec une quarantaine de tambours. Et que la fête commence aux sons assourdissants des batteurs. Il vaut mieux se munir de boules Quies comme la plupart des musiciens et danseurs-spectateurs. Nous quittons la place complètement sourds, des acouphènes dans les oreilles jusqu’au lendemain soir.
Pas de photos possibles le soir. L’insécurité est telle que nous ne pouvons emmener ni sacs, ni appareil photo, ni bijoux même de pacotilles. Les touristes sont particulièrement visés et il y en a peu. J’ai glissé quelques billets de banque dans mon soutien-gorge, et Alain quelques billets dans sa poche, le juste nécessaire, en prenant soin de garder les mains dans les poches.
Nous devons rentrer impérativement en taxi.
La journée est plus calme, mais beaucoup de quartiers nous sont sévèrement déconseillés
Les policiers sont présents, mais rarement le soir
, et toutes les caisses des magasins sont protégées par une cage vitrée
La misère reste discrète dans ces quartiers, mais on aperçoit des enfants dormant par terre
.
Vendredi 28 Décembre : Hier soir nous avons pu assister à une séance de Condomblé, dans un « Terreiro » ( lieu de culte afro-brésilien ) de Salvador.
Bien évidemment, pas de photos possibles.
C’est une cérémonie religieuse où des femmes, toutes habillées de blanc, dansent et entrent peu à peu en transe au son des percussions.
Le Condomblé est né à Bahia et est imprégné des rites vaudous africains.
Le syncrétisme est roi : une grande poupée blanche habillée de dentelles (représentant l’orixa, déesse de la forêt) côtoie une statuette du Christ et autres statuettes naïves de saints.
Pendant leur danse, les femmes fument d’énormes cigares et boivent de la bière, ce qui doit bien favoriser leur état second, tout en s’embrassant et embrassant les spectateurs, nous y compris.
Nous quittons cette ambiance surchauffée et enfumée après deux heures de ce curieux spectacle, et nous rejoignons le bateau dans la marina où nous parviennent toujours les échos très sonores d’une musique sono à fond. La musique nous suit partout à Salvador.
21:31 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20/12/2007
Transat
Lundi 3 décembre : La coque est non seulement envahie d’anatifes, mais aussi couverte de petites berniques tenaces. Le dernier carénage a eu lieu au mois d’avril et les eaux du Sénégal sont particulièrement chargées en algues et diverses matières organiques.
Nous avons fait appel à des plongeurs locaux, à qui j’ai prêté ma petite pelle à tarte de cuisine en bois, seul instrument à notre disposition, apparemment efficace pour gratter les berniques.
Mardi 4 décembre : 9h , c’est le départ vers Salvador de Bahia, vers le Brésil. La météo est bonne et nous devons toucher un bon vent de NE.
Nous laissons derrière nous Dakar
, sa poussière, son exotisme, son désordre, et ses « yassas ».
Le yassa est le plat national, c’est une sauce piquante à base d’oignons revenus dans l’huile, de moutarde, de vinaigre, qui accompagne un peu tout : poissons, poulets, bœuf etc…
Mercredi 5 décembre ; 30 nds de vent de NE, les alizés sont bien au rendez-vous. Nous gardons nos 2 ris habituels et des tours dans le génois tout en marchant à 9 nds. 
Le gréement, les bouts, les drisses sont si imprégnés de poussière et de sel, et si raides, qu’ils ne passent plus dans les taquets coinceurs. Nous avons hâte d’atteindre les grains du « pot-au-noir » pour nettoyer toutes ces couches accumulées depuis des mois.
Jeudi 6 décembre : Nous prenons tous les jours la météo par l’iridium, notre téléphone satellite.
Elle va nous permettre de négocier au mieux le passage de ce fameux « pot-au-noir » ou ZIC . Cette zone perturbée, un peu au nord de l’équateur, qui se manifeste par des grains violents et des longues périodes sans vent. Cette zone est à peu prés à mi-parcours de notre traversée et se déplace très vite.
Vendredi 7 décembre : Petite séance chez le coiffeur, un rafraîchissement est indispensable 
Nous n’avons toujours pas dépassé la leçon n°1 du livre de pêche
, apprendre à faire des nœuds
Leçon qui porte ses fruits . Un petit thon a l’heureuse idée de venir se faire prendre à 18h,
le temps de la mettre au four et nous la dégustons avec délices pour notre dîner.
Samedi 8 décembre : Waou ! deuxième prise, une superbe dorade coryphène , 90 cm de long, vient s’accrocher à notre hameçon.
Un petit coup de pastis dans les branchies la plonge dans un Nirvana qui permet à Alain de lui couper la tête.
Le « truc » du pêcheur averti a bien fonctionné et en prime, ajoutera un délicieux parfum d’anis à notre plat.
Nous en avons bien pour trois ou quatre jours à manger du poisson midi et soir !
Lundi 10 décembre : Un 1°spi
, un2°spi
, les jours s’égrènent au gré du vent Nous sommes en plein dans le « pot-au-noir » et nous guettons toujours les grains, porteurs de la pluie tant attendue pour nous laver le pont, mais ils restent toujours loin à l’horizon 
Mardi 11 décembre :
Ca y est, nous sommes en plein dedans. Les grains se succèdent la nuit, le jour, les vents tourbillonnant passent de 5 à 25 nds., la mer est dans tous les sens. Le bateau est passé au karsher et nous avec. C’est une vraie cure de jouvence, tout est redevenu beau, propre et neuf, sauf nous bien sûr.
Mercredi 12 décembre : Nous avons coupé la ligne de l’équateur, sans trop l’endommager je l’espère, à minuit, ce qui a modéré notre ardeur à fêter l’événement. 
Cela n’a pas changé beaucoup notre ligne d’horizon, si ce n’est que nous sommes passés des alizés de NE aux alizés de SE, bien moins confortables pour notre route .Bon, plus que 1000 miles !
Vendredi 14 décembre : Les journées défilent avec leurs rituels réduits à leur plus simple expression :
Dormir : entre les quarts de nuit,19h-minuit et 5h-9h pour Alain et minuit-5h pour moi
Manger : les repas sont un moment essentiel de la journée, et toujours acrobatique. Surtout, bien s’accrocher à son assiette,
et prévoir une nourriture qui y adhère suffisamment. Les petits pois par exemple sont à proscrire formellement..
Nous avons pu facilement embarquer 15 jours de vivres frais, avec de grandes salades à midi, surtout à base de choux crus : des blancs, des verts, des rouges. Des carottes, des concombres, des poivrons, tout ce qui peut se conserver assez longtemps. 
Et des fruits en grande quantité : des agrumes, des pommes, pastèque, mangues, goyaves
La marche du bateau : qui se réduit à prendre un ris ou deux, ou larguer le ris, reprendre du génois, ce qui peut être un exercice laborieux
, heureusement le capitaine est très musclé.
Nous sommes au prés bon plein avec 15nds de vent, souvent plus dans les grains , ce qui nous empêche de pêcher car nous allons trop vite. 
Samedi 15 décembre : Aujourd’hui nous avons explosé le spi asymétrique. Le vent n’était pourtant qu’à 10nds mais la têtière s’est déchirée et la déchirure a suivi toute la bordure.
Ce vieux spi ne sera sans doute pas réparable.
Lundi 17 décembre : Des violents orages nous accueillent pour la dernière nuit avant notre arrivée.. Ils viennent de la terre, que nous longeons maintenant, et nous encerclent pendant plusieurs heures. Nous sommes vent arrière avec 25-30nds de vent et préférons affaler et continuer au moteur, tous instruments éteints à cause de la foudre.
Nous regrettons de n’avoir pas mieux vénéré Neptune au passage de l’équateur.
Les quarts sous la capote sont plutôt humides ! 
Nous arrivons dans l’après-midi à Bahia
.Nous découvrons, du large, ce nouveau monde avec ses curieux buildings
et son accueil si chaleureux
.
Nous pouvons poser nos sacs après 13 jours de navigation plutôt sereins et 2100 miles.
15:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







