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29/11/2007
Sénégal
Vendredi 16 Novembre : Dés que nous franchissons le seuil du luxueux Sofitel
devant lequel nous sommes mouillés et qui nous sert de sas, nous plongeons dans l’Afrique urbaine. Nous tombent dessus la chaleur, la poussière, le harcèlement des vendeurs de n’importe quoi et les arnaqueurs de tout poil 

Mais les Sénégalais sont plutôt tranquilles
et n’insistent que si nous paraissons intéressés, ce que nous évitons soigneusement.
La rue est un spectacle permanent de couleurs, d’odeurs, de bruits 
Les femmes sont belles, drapées de couleurs chatoyantes

Pas besoin de prendre RV chez le coiffeur, il suffit de s’installer sur la chaise disponible sur le trottoir
.
Certaines figures anciennes et connues (c’est une devinette) sont taguées sur les murs 
Et la « récup » est quelquefois proche de l’art , ici un fauteuil fait en pneu de voiture
.
Samedi 17 Novembre : Visite de Gorée, l’île de la mémoire, au large de Dakar..
Le passage est déjà un spectacle 
Nous y débarquons avec beaucoup d’attente et d’émotion
. Nous y découvrons une petite île ravissante, fleurie, aux couleurs méditerranéennes 
, submergée de touristes et de boutiques souvenirs
.
Le recueillement est difficile à trouver, seule la « maison des esclaves »est représentative des maisons de l’époque, où les esclaves étaient parqués dans des cachots humides
, à plus de 200 par maison, pesés et classés entre hommes, femmes et enfants, l’étage étant réservé au marchand et à sa famille 
L’île était une plaque tournante du négoce d’esclaves et toutes les maisons fonctionnaient sur ce modèle. Elles se sont transformées en pimpantes résidences et seule cette maison-musée reste le témoin de cette honte universelle de l’humanité.

Mardi 20 Novembre : Expédition au « lac rose », ou lac salé à 70 km de Dakar. C’est encore une autre vision de l’ Afrique que nous découvrons en traversant les faubourgs : poussière, grouillement
, circulation incessante et anarchique
, marché aux pneus
,
aux bestiaux
, des cars qui tiennent grâce aux couches de peinture sur la rouille 
Et, clou du spectacle, nous sommes escortés par deux motards chargés de chasser toutes les voitures sur les bas-côtés pour nous laisser le passage. C’est alors que, bloqués par un monstrueux embouteillage, ils nous font emprunter la voie en sens inverse de « l’autoroute »
, ce qui nous fait bien gagner 1h de route.
Nous parcourons des kilomètres de plage déserte, là où s’arrête le Paris-Dakar. 

A peine nous sommes nous arrêtés qu’une multitude de sénégalais, sortis on ne sait d’où, viennent déballer leurs statuettes sur le sable. 
Le lac salé : le sel est extrait par pelletées par des plongeurs
. Les conditions de travail sont si dures que souvent viennent y travailler les familles acculées par le surendettement 
Le village voisin est très pauvre,
néanmoins, il peut vivre relativement bien de ses cultures car il est géré par un chef de village. 
Mercredi 21 Novembre : De Dakar nous reprenons « Pulsion » pour descendre 60 miles au Sud, vers l’entrée du Saloum. Le Saloum est un long bras de mer qui remonte jusqu’à Kaolac.
En mer nous croisons de nombreuses pirogues de pêche sénégalaises qui ont posé des casiers un peu partout, et surtout une multitude de filets que l’on voit à peine et qui nous ont obligé plusieurs fois à faire demi-tour en catastrophe pour les longer un long moment afin de les contourner. Stress garanti et veille attentive… 
La terre s’annonce là aussi par une odeur très forte de poisson.
Jeudi 22 Novembre : Nous comprenons la cause de cette forte odeur en retrouvant un grand nombre de ces pirogues dans le village de Djifere, à l’entrée du Saloum.
C’est un village extrêmement pauvre, sale. Tous les déchets de poissons, poubelles, et détritus en tout genre jonchent la plage. Contrairement à d’autres villages qui sont gérés par un chef, celui-ci est constitué de différentes ethnies désorganisées. Le résultat est impressionnant de saleté.

Les enfants grouillent partout, rieurs, curieux, 
et les familles comptent facilement 12, 14 enfants, certaines atteignent 25 enfants.
Arbacar, un des jeunes guides que nous rencontrerons plus tard à Foundioune fait parti d’une fratrie de 32 enfants ! (de plusieurs mères, cela va sans dire, la polygamie étant autorisée)
Il existe une petite école réservée à « l’élite »
car, comme toutes les écoles au Sénégal, elle est payante, et la plupart des enfants restent à la porte .
Nous accostons en pirogue sur la petite île de Dionouar, en face de notre mouillage
.
Là le contraste est frappant, le village est très propre, organisé, dirigé par un chef et un conseil de village.
Nous rencontrons toujours les enfants, omniprésents
. Ils adorent être photographiés. C’est vrai qu’ils n’ont pas de miroir et seules les photos leur renvoient une image d’eux-mêmes, dans des grands éclats de rire.
Et les « grands enfants » qui apprennent une prise de lutte traditionnelle
Vendredi 23 Novembre : 6h du matin
, nous profitons du flot de marée montante pour remonter jusqu’à Foundiougne.
, un village tranquille, perdu en pleine brousse.
.
Avec sa grand-rue et ses boutiques, son couturier « Christian Dior » qui a fabriqué la chemise d’Alain, sur mesure 
Les enfants sont toujours là, en train de donner un coup de main au boulanger avant de cuire ses pains dans son four à pain 
Comme à notre habitude nous nous attablons à une table du bistrot local, à l’ombre bienfaisante
, et là, surprise, en bavardant avec notre voisin, nous apprenons qu’il s’agit de l’ancien grutier du port du Crouesty , que nous connaissions bien et qui , en retraite, s’est fait construire une maison ici, au fin fond du Sénégal, où flotte fièrement le drapeau breton ! Le monde est bien petit !
Dimanche 25 Novembre : Les pirogues sénégalaises sont très fines
, soigneusement décorées
, taillées à la scie et au rabot
.
Elles sont relativement instables et l’écope est indispensable
.
Nous empruntons l’une d’entre elles pour faire un petit tour dans la mangrove,
, les oiseaux y sont rares ,
et nous découvrons là encore des villages de pêcheurs
, mais beaucoup plus pauvres. 
Mardi 27 Novembre : En descendant le fleuve nous rencontrons d’autres villages un peu en retrait comme Marlodge, qui vivent plutôt d’agriculture et d’élevage 
Les marchés restent très démunis 
Les musulmans et les chrétiens s’y côtoient et on reconnaît les uns à leurs moutons, et les autres à leurs cochons.
Là les enfants vont tous à l’école, qu’une institution religieuse a installé, les inscriptions étant payées par une association italienne, beaucoup d’enfants sont parrainés individuellement par des occidentaux. Et c’est la première année où l’on voit plus de filles inscrites que de garçons.
Chaque maison a l’électricité , très faible, grâce à un panneau solaire, payé et installé par une association espagnole.
La bonne gestion change considérablement le niveau de vie d’un village à l’autre.
Les alentours sont assez désertiques
et notre capitaine se trouve bien petit à côté des incontournables et impressionnants Baobabs 
et termitières géantes 
Jeudi 29 Novembre : Nous repartons vers Dakar dans la fraîcheur du petit matin
où nous supportons polaires et cache-cols. Les nuits sont bien fraîches, nous dormons même sous la couette, et les grosses chaleurs de la journée sont bien tempérées par l’alizé qui souffle régulièrement. Nous avons eu beaucoup de chance également car aucun moustique n’est venu nous inquiéter.
La carène, elle, a bien profité des conditions climatiques et est couvertes d’anatifes alors que nous l’avions entièrement nettoyée à Boa Vista il y a 3 semaines ! Cela parait difficile de renouveler l’opération dans la baie de Dakar, trop polluée pour une plongée.
Donc nous remontons vers le Nord, au prés, avec un bon alizé de NE
.
Il nous reste quelques jours pour faire le ravitaillement et les mises au point du bateau nécessaires avant la traversée vers le Brésil.
Comme par exemple le démontage du winch pour le nettoyer, ce qu’Alain déteste particulièrement faire et qui le fait bougonner pendant toute la durée de l’opération.
18:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16/11/2007
Cap Vert Boa Vista
Mardi 7 Novembre : Ultime soirée mémorable au bar du port. 2 navires militaires ont fait escale, un français et un américain. Les équipages, gros bras tatoués et crânes rasés, ont envahi les rues et les bistrots, les musiciens sont emportés par le rythme surchauffé, les chanteurs se succèdent au gré de leurs passages et de leurs envies, les jeunes métisses, superbes et sensuelles, ne suffisent plus à la demande. Le commandant en second du bateau américain sort en titubant, soutenu par deux matelots, il a perdu ses chaussures dans ses égarements. On se croirait dans un bar des bandes dessinées de Corto Maltese. 
Mercredi 8 Novembre : Départ de Mindelo pour Boa Vista, l’île la plus à l’est du Cap-Vert, par un petit vent d’E-NE, donc nous sommes au prés. Peu à peu un épais brouillard s’installe, appelé ici l’ »harmattan ». Ce n’est pas vraiment un brouillard mais une brume de sable très fin apporté d’Afrique par un vent sec et chaud..
Jeudi 9 Novembre : Au matin le pont, la capote, les bouts, tout est recouvert d’une poussière de sable et surtout de petits insectes verts , sorte de petites punaises. Un grand coup de nettoyage à l’eau de mer en vient à bout.
Boa Vista apparaît, petit bout de Sahara perdu dans l’Atlantique, l’île est une magnifique dune de sable en bord de mer.
Le mouillage est bien venté, 25 nds et nous devons nous y reprendre à 4 fois avant que l’ancre ne croche, les fonds étant de sable et de roches.
Samedi 11 Novembre : La rencontre avec les habitants est toujours aussi chaleureuse
.
Nous sillonnons l’île en « haluger »
, avec nos amis anglais, équipés pour la circonstance.
.
Nous ne trouvons que désert de sable et de pierres 
, quelques vestiges d’oasis de palmiers dattier
,mais il n’a pas plu depuis 8 ans et même le lac salé
qui permettait la récolte de sel ne suffit plus à la subsistance des quelques rares habitants qui ont du abandonner leur village
.
Le Cap-Vert, le mal nommé, n’est pas vert. En fait son nom vient d’un cap proche de Dakar, c’était les premières îles rencontrées, à 320 miles au large
Elles sont toutes très pauvres et partout la sècheresse gagne du terrain. 
Ses eaux turquoises et son sable si fin
sont en train d’attirer le tourisme encore inexistant à l’heure actuelle. De nombreux hôtels sont en cours de construction, au risque de dénaturer ces sites si sauvages 
Le soir nous sommes invités sur « Scortch », le Catalina 42 de nos amis anglais. Nappes et serviettes en damassé, assiettes en porcelaine blanche et grands verres à pieds, bougies et petites lampes à abat-jour, nous sommes transportés dans un cottage très cosy à deux pas de ce bout de désert africain.
Lundi 12 Novembre : Nous profitons du petit marché local pour faire quelques vivres frais, et comme à Mindelo, nous sommes étonnés des prix élevés pour le niveau de vie des Cap-verdiens. ( nous avons vérifié, il n’y a pas de différences de prix pour les touristes) :
3,50 euros le kg de tomate, 2 euros la papaye, seules les bananes sont à 1,50 euros
Heureusement, nous nous rattrapons sur la langouste que des pêcheurs viennent nous vendre à bord.
Mardi 13 Novembre : Départ pour Dakar. Un vent de NE de 15 nds nous porte au débridé à 8-9 nds, avec 2 ris dans la voile et des tours dans le génois.
Heureusement nous ne sommes pas au prés serré, mais la mer un peu formée nous envoie par moments des paquets de mer « rafraîchissant » agréablement l’équipage.
Au tableau de pêche, nous apprenons qu’un « collègue » a pêché un espadon de 25 kg. Quant à nous, nous sommes toujours aussi bredouilles et nous avons perdu aujourd’hui tous nos appâts.
Jeudi 15 Novembre : La première perception en arrivant du large à Dakar, c’est l’odeur : odeur forte de terre brûlée, d’huile, de caoutchouc, de café, etc…etc… Bonjour l’Afrique !
Le capitaine ne déroge pas aux règles et hisse le pavillon du pays 
Le mouillage est tranquille, devant un groupe d’hôtels 
12:29 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06/11/2007
Cap-Vert
Mercredi 30 Octobre : La marina toute neuve vient d’ouvrir pour nous.
Une chance car le vent souffle sans discontinuer à 25-30 nds dans la baie, par un effet venturi entre les 2 îles de Sao Vicente et Santo Antao.
Nous découvrons Mindelo, colorée, pittoresque, 


L’activité bat son plein, les femmes sur les marchés
, les hommes jouant aux cartes sous les auvents
ou réparant leur filet
ou leur barques de pêche 
De nombreux murs sont peints de grandes fresques, souvent dessinés par les enfants 
Jeudi 2 Novembre : Nous partons en « expédition » pour quelques jours dans l’île voisine, San Antao, sacs à dos et chaussures de marche.
Le port n’est pas accessible en voilier, un vieux cargo chargé à bloc, transportant marchandises et passagers nous y emmène.
Il roule terriblement dans le goulet très venté et beaucoup de capverdiens, qui ont peu le pied marin, sont déjà malades avant même le départ 
Nous passons vaillamment l’épreuve et arrivons de l’autre côté..
Après avoir traversé les zones désertiques sous le vent, l’île se révèle d’une beauté stupéfiante. 


Très verte par l’accumulation des nuages qui seuls fournissent l’humidité (il ne pleut pratiquement jamais)
, très découpée, les cultures en terrasses sont omniprésentes et sculptent la montagne comme certains paysages asiatiques. 
L’eau est précieuse et chaque plant est encastré dans une cuvette 
Selon l’altitude ce sont des cultures de maïs, ingrédient indispensable à la fabrication du plat national la « catchupa », de pommes de terre, de bananes , et bien sûr de canne à sucre pour le rhum ou »grogue », aussi alcoolisé que le rhum antillais.
Même si la vie est dure dans ces montagnes
, les habitants sont véritablement très accueillants, comme tous les capverdiens, et les enfants et adolescents très présents, qui nous accompagnent dans nos marches 
.
Le français est souvent parlé, c’était même la 1° langue obligatoire enseignée il y a encore quelques années.
Les maisons sont rustiques , en pierres et toit de paille en feuilles de cannes à sucre, très serrées. 
et le contraste est frappant entre ces maisons très simples et ces adolescentes modernes, en uniformes qui rejoignent leur lycée chaque jour par de longues marches en montagne.
Nous revenons chaque soir chez nos hôtes, Martine et Norbert, un couple de retraités vendéens venus s’installer il y a 3 ans dans cet endroit qui semble perdu au bout de l’île, botaniste passionné par les plantes et les animaux, nous sommes reçus royalement
.
Voulant nous faire découvrir la très belle danse de « colas St Jean », Norbert demande à ses 2 jeunes employés de nous en faire une démonstration improvisée au petit déjeuner
La musique et la danse sont toujours présents au Cap Vert.
Lundi 5 Novembre : Retour à Mindelo, toujours la musique, dans les bars, les restaurants. Là , chez « Nolas », l’ancien violoniste de Cesaria Evora, 83 ans, sinior Malaca ,espiègle et fantasque, se lance dans une samba très osée.
Mardi 6 Novembre : Un dernier petit tour de l’île de Sao Vicente avant le départ après-demain, nous fait découvrir la Praïa de Gatas, vaste plage entourée de montagnes
en « haluguer », taxi collectif local
où viennent se déhaler les bateaux de pêche sur des bouts de rondins
)
Ils naviguent encore uniquement à la voile, avec des vieilles toiles bleues en sac à patate, cousues bout à bout
. Les coques sont lestées avec des gros cailloux qu’ils débarquent à chaque fois avant de remonter les bateaux sur la plage.
Ces moyens rudimentaires leur permettent de ramener thons, lottes, requins… , qu’ils nettoient dans l’eau
ou curieusement dans le sable 
17:40 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




